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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

La jeune réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat signe avec Wolf and sheep un long-métrage à mi-chemin entre fiction et documentaire. Le film dépeint le quotidien d’un village paysan et radiographie un groupe d’adolescents à l’orée de l’âge adulte.

"Wolf and Sheep", un film de Shahrbanoo Sadat

Dans les montagnes d’Afghanistan, les enfants bergers obéissent aux règles : surveiller le troupeau et ne pas fréquenter le sexe opposé. Mais l’insouciance n’est jamais loin ; alors que les garçons chahutent et s’entraînent à la fronde pour éloigner les loups, les filles fument en cachette, jouent à se marier, et se moquent de la petite Sediqa, considérée comme maudite. Les légendes que racontent leurs aînés se mêlent à la vie, et éclairent les mystères de leur monde protégé – mais jusqu’à quand ?

 

 

Pendant son enfance, Shahrbanoo Sadat a passé plusieurs années dans un village isolé au cœur de l’Afghanistan. A seulement 26 ans, la jeune femme réalise son premier long-métrage, une fiction inspirée d’anecdotes de sa jeunesse. Son premier court-métrage a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2011 et c’est la Résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes qui lui a permis de développer Wolf and sheep, présenté dans la même sélection en 2016.

 

De l’aveu même de la jeune cinéaste, Wolf and sheep est plus un documentaire « mis en scène » qu’une fiction à proprement parler. Le film essaie de capter, avec l’aide d’acteurs non-professionnels, la vie d’une communauté rurale rythmée par l’élevage de chèvres et de nombreuses croyances et superstitions (une fée verte et nue, un loup géant et bipède…). Ce qui est particulièrement touchant dans ce film, c’est la sensibilité et la douceur de la mise en scène observant ces adolescents qui portent des responsabilités d’adultes (mener un troupeau, par exemple) alors qu’ils sont encore des enfants dont le passe-temps favori est un jeu de fronde – qui peut s’avérer dangereux. L’équilibre de cette vie pastorale qui sépare nettement filles et garçons est troublée par l’attirance que l’on devine entre deux jeunes, Sediqa et Qodrat, qui s’apprivoisent en tissant des outils en corde ou en dégustant des pommes de terre chapardées à un paysan voisin. Il y a bien quelques longueurs dans ce premier film, mais Shahrbanoo Sadat a un regard singulier qui fait d’elle un espoir pour ce cinéma afghan si peu représenté et dont les productions restent encore anecdotiques. On attend la suite.

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