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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Précédé d’une réputation de chef-d’œuvre, battant des records de nominations aux Oscars, le troisième long-métrage de Damien Chazelle, La La Land, revisite la comédie musicale hollywoodienne. Malgré quelques belles séquences, le film, truffé de longueurs, patine.

"La La Land", un film de Damien Chazelle

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

 

 

Damien Chazelle avait fait forte impression avec son deuxième film (le premier sorti en France), Whiplash. Ce succès lui a ouvert les portes de Hollywood et permis de réaliser un de ses rêves, faire renaître la comédie musicale, genre un peu tombé en désuétude. La La Land s’inspire en premier lieu de Singing in the rain mais aussi des films de Jacques Demy – la scène d’ouverture rappelle Les demoiselles de Rochefort. Le jeune cinéaste profite de sa double culture franco-américaine.

 

Nommé quatorze fois aux Oscars, ce qui n’était arrivé que deux fois pour All about Eve (1951) et Titanic (1998), La La Land ancre son esthétique dans les fondements de la culture hollywoodienne, la ville de Los Angeles. D’ailleurs, le titre rappelle une expression anglaise (« living in La La Land » signifie en gros « vivre dans un monde rêvé » comme les deux héros) mais fait aussi référence à l’acronyme de la villa (L.A.). Dans Whiplash, Damien Chazelle adoptait un montage syncopé pour les scènes musicales. Ici, ce sens du rythme se perd parfois en dépit de belles séquences, notamment sur les hauteurs de Los Angeles. Mais le charme de Ryan Gosling et Emma Stone ne parvient pas à faire oublier le manque de consistance des personnages, réduits à des stéréotypes un peu agaçants, et la musique, assez moyenne, n’est pas à la hauteur des ambitions du cinéaste. Dans la seconde moitié du film, on apprécie le regard sur un couple qui se défait à cause des ambitions contrariées de l’apprentie actrice quand le pianiste s’approche de ses rêves de gloire, mais l’ensemble reste trop anodin pour émouvoir ou intéresser pendant plus de deux trop longues heures. Damien Chazelle, en élève appliqué, respecte les passages obligés de la comédie musicale mais d’autres cinéastes aussi différents que Christophe Honoré ou Lars Von Trier ont su si bien moderniser le genre que La La Land souffre d’une patine rétro qui frôle parfois le ringard.

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