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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son deuxième long-métrage, Le parc, Damien Manivel filme la rencontre de deux adolescents. La captation du réel laisse place à la rêverie dans ce film fragile et touchant.

"Le parc", un film de Damien Manivel

C'est l'été, deux adolescents ont leur premier rendez-vous dans un parc. D'abord hésitants et timides, ils se rapprochent au gré de la promenade et tombent amoureux. Vient le soir, l'heure de se séparer… C'est le début d'une nuit sombre.

 

 

A peine deux ans après son premier film, Un jeune poète, Damien Manivel livre Le parc, une belle épure de 72 minutes. La méthode de travail du jeune cinéaste n’est pas sans rappeler celle de Hong Sang-soo, qui investit un lieu et une temporalité et laisse vivre le scénario pendant le tournage : « Je sais que le récit se déroulera sur une journée et une nuit dans un parc, que le personnage principal sera une adolescente, qu’elle vivra une histoire avec un jeune homme et croisera la route d’un gardien du parc. Le premier jour, nous commençons donc par filmer le rendez-vous entre les adolescents... Les péripéties, la tonalité, l’image de fin, tout cela s’écrit pendant le tournage » témoigne-t-il.

 

La simplicité du dispositif charme dès la première séquence : un ado dans un jardin public, assis sur un banc, rejoint par une jeune fille qu’il rencontre pour la première fois. Timidité, gêne, chacun retrouve une part d’adolescence, la fragilité des premiers émois amoureux. Les longs plans-séquences remarquablement cadrés laissent les deux acteurs (non-professionnels et excellents, Maxime Bachellerie et Naomie Vogt-Roby) s’épanouir, se rapprocher, s’apprivoiser. L’enchantement de cette première partie glisse peu à peu, en même temps que le soleil se couche, vers une angoisse (celle des premières fois ?) alors que la jeune fille, seule, s’enfonce dans la nuit. Cette bascule est peut-être parfois moins maîtrisée mais l’audace de Damien Manivel et la modestie de sa mise en scène permettent de prolonger la rêverie. Un cinéaste à suivre de très près.

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