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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Développé grâce à la Biennale de Venise, le premier long-métrage d’Anna Rose Holmer, The Fits, à mi-chemin entre fiction et documentaire, va au-delà du récit d’apprentissage classique. Courte, sans fioritures, cette première œuvre séduit par sa vitalité et son originalité.

"The Fits", un film de Anna Rose Holmer

Toni, 11 ans, s’entraîne dans la salle de boxe de son grand frère.  Elle découvre qu’à l’étage au-dessus, un groupe de filles apprennent une variante très physique du hip hop, le drill. Attirée par leur énergie, leur force, leur assurance, Toni abandonne peu à peu la boxe pour la danse.

 

 

Le cinéma « indie » américain n’a souvent plus d’indépendant que le nom. Avec un budget proche de celui d’un court-métrage et le soutien de la Biennale de Venise, Anna Rose Holmer, anciennement documentariste et assistante caméra, signe une première œuvre de fiction enthousiasmante qui prouve que les Américains peuvent faire de beaux films avec peu de moyens mais des idées. Ramassé sur à peine plus d’une heure, ce long-métrage nous emporte dans un centre sportif dont on ne sortira jamais (ou seulement les environs). Pas de background social, pas de psychologie, Anna Rose Holmer filme une ado (Royalty Hightower, révélation) qui passe son temps avec son frère en salle de boxe avant de rejoindre, comme happée, un groupe de filles s’entraînant à la danse hip-hop.

 

La richesse de The Fits tient à son économie d’effets de scénario comme de dialogues. Toni, l’héroïne, parle peu, elle observe, elle apprend, elle voit ce que son corps peut faire. D’un monde de garçons, elle bascule vers un monde de jeunes filles, ces adolescentes dont elle ne sait rien et qui semblent si différentes. Si le film se contentait d’une métaphore sur le passage de la puberté et la découverte de son corps, il serait réducteur. Anna Rose Holmer a l’intelligence de porter le propos au-delà. Jouant sur la polysémie du titre qui signifie à la fois « les crises » (comme les étranges convulsions que subissent certaines filles – métaphore de la puberté ou simple intoxication alimentaire ?), ce qui « sied » (trouver sa voie ?) et le fait d’être « en forme » (les corps de ces filles et garçons sont athlétiques), The Fits ne va pas là où on l’attend et prend un virage onirique bienvenu dans ses dernières minutes. La réalisatrice et sa jeune actrice sont les deux révélations de ce début d’année.

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