Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Patric Chiha est allé à la rencontre de jeunes prostitués à Vienne. Brothers of the night, entre fiction et documentaire, fascine par son approche originale et sa mise en scène réussie.

"Brothers of the night", un film de Patric Chiha

De frêles garçons le jour, des rois la nuit. Ils sont jeunes, roms et bulgares. Ils sont venus à Vienne en quête de liberté et d’argent facile. Ils vendent leurs corps comme si c’était tout ce qu’ils avaient. Seul les console, et parfois les réchauffe, le sentiment si rassurant d’appartenir à un groupe. Mais les nuits sont longues et imprévisibles.

 

 

Après Domaine et Boys like us, Patric Chiha, cinéaste viennois d’origine libanaise et installé à Paris à l’âge de 18 ans, se lance dans des repérages pour un prochain film. Dans un bar interlope de la capitale autrichienne, il fait la connaissance d’une bande de garçons, des jeunes Roms venus de Bulgarie dans l’espoir de gagner un peu d’argent et qui se retrouvent à vendre leur corps. Malgré une certaine détresse que l’on ressent dans leur situation, il n’y a pas de misérabilisme – après tout, ils pourraient très bien travailler au noir ou vendre de la drogue par exemple.

 

Dans les premières minutes du film, deux des garçons jouent à se draguer, l’un est travesti, l’autre habillé en marin – on se croirait dans Querelle de Fassbinder, adapté de Jean Genet. On comprend de suite les enjeux et les personnalités se dévoilent : ces jeunes hommes aiment mentir, ou du moins travestir la réalité, et rêvent de gagner de l’argent pour s’acheter une belle voiture et, pourquoi pas, aussi étrange que cela puisse paraître, une femme. Dès lors, l’approche du cinéaste oscille entre documentaire et fiction puisqu’il les met en scène en train de raconter leurs expériences. Patric Chiha témoigne : « J’avais envie de jouer avec eux à faire un film, comme on jouerait à cache-cache, parce qu’en faisant quelque chose avec les autres, on parvient peut-être à apprendre quelque chose sur eux (…) Je pressentais qu’en passant par le jeu, la fiction, l’artifice, je pourrais atteindre le vrai, l’intensité du réel. » On peut s’agacer parfois des propos homophobes ou misogynes tenus par ces jeunes hommes mais leur charme, leur bêtise parfois mais aussi leur sensibilité tirent le film vers le haut et révèlent de vraies personnalités d’acteurs. Si Brothers of the night n’est pas à proprement parler un film sur la prostitution, il est certainement un témoignage de la violence de la situation des migrants en Europe, un sujet on ne peut plus dans l’actualité.

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog