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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Kelly Reichardt passe de l’Oregon au Montana et adapte trois nouvelles de Maile Meloy pour son nouveau film, Certaines femmes. Quatre héroïnes ordinaires face à la solitude dans un film d’une beauté renversante.

"Certaines femmes", un film de Kelly Reichardt

Quatre femmes font face aux circonstances et aux challenges de leurs vies respectives dans une petite ville du Montana, chacune s’efforçant à sa façon de s’accomplir.

 

 

Révélée avec Old Joy en 2006, Kelly Reichardt est devenue en quelques années une des plus brillantes représentantes du cinéma indépendant américain. La cinéaste filme des hommes et des femmes dans les paysages somptueux et parfois hostiles dans son état de l’Oregon, confrontés à des thématiques à la fois contemporaines et universelles (l’écologie, l’amitié, la nature), notamment dans les merveilleux Wendy & Lucy et Night Moves. Ce nouveau film est né de la lecture de nouvelles de Maile Meloy, elle aussi originaire du nord-ouest des Etats-Unis et qui, à 45 ans, a déjà publié de nombreuses nouvelles situées dans le Montana.

 

Le film s’ouvre sur un long plan fixe montrant un interminable train de marchandises, comme on n’en voit qu’aux Etats-Unis, traverser le cadre dans les étendues montagneuses du Montana. Kelly Reichardt livre quatre portraits de femmes en trois mouvements intelligemment agencés : Laura l’avocate (Laura Dern, magnifique), Gina l’épouse en plein projet immobilier (Michelle Williams) et Jamie la palefrenière (Lily Gladstone, bouleversante) dont la vie va être bouleversée par l’arrivée d’Elizabeth, une jeune femme enseignant le droit (Kristen Stewart). Ces trois histoires sont reliées par un lieu (la petite ville de Livingstone), des personnages secondaires que l’on retrouve parfois et surtout une même thématique : la solitude et comment ces femmes affrontent une certaine adversité. Kelly Reichardt, fidèle à son habitude, privilégie les micro-mouvements plutôt que les coups de théâtre, le sensitif au dramatique, et un lien très fort avec les animaux (le chien de Laura, les chevaux et – encore – le chien de Jamie) – le film est dédié à sa chienne Lucy, héroïne de Wendy & Lucy. Dans des situations somme toute quotidiennes, « certaines femmes » doivent faire face au manque de confiance (le client de Laura préférerait un avis masculin), au manque de soutien (Gina semble si seule, pourtant entourée de son mari et de sa fille), au manque d’intérêt (Jamie voudrait être spéciale aux yeux d’Elizabeth, elle qui reste invisible au monde – elle est amérindienne et semble destinée à rester dans une des réserves du Montana). Par petites touches, à force de nuances, le film de Kelly Reichardt bouleverse et dresse une belle galerie de portraits dans une Amérique de western, terre de tous les possibles et pourtant siège de la solitude infinie de ces héroïnes. Un très grand film.

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M.S 28/07/2017 01:16

Très beau film... bouleversant

M.S 28/07/2017 01:15

J'ai beaucoup aimé ce film ! La solitude est parfaitement représenté.

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