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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

A deux mois d’une élection présidentielle à haut risque, Lucas Belvaux signe avec Chez nous un film politique pour prévenir contre le danger extrémiste. Inégal mais toujours utile.

"Chez nous", un film de Lucas Belvaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l'aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

 

 

Ce n’est pas la première fois que Lucas Belvaux se frotte à la chose politique – on se souvient de 38 témoins – mais cette fois, il s’engage plus que jamais en signant une attaque en règle contre le Front National, rebaptisé Bloc Identitaire et dirigé par Agnès Dorgelle, héritière de son père controversé. Pour autant, le film ne saurait se résumer à un portrait de Marine Le Pen, comme le souligne le cinéaste : « Pour ce personnage, je m’en suis tenu à la face publique. On ne la voit pas dans l’intimité (même si on la voit chez elle), mais uniquement dans son rapport au politique, en meeting, en réunion… C’est donc l’image qu’elle veut donner d’elle, celle qu’elle a choisie et travaille, qui m’a intéressée. C’est une image sans nuance pour être efficace. Presque un slogan en soi. »

 

Les cadres du parti relégués au second plan, le film s’intéresse plus au système du Bloc / Front et ses méthodes. Lucas Belvaux retrouve Emilie Dequenne, coiffeuse enthousiaste de Pas son genre qui pourrait très bien être un avatar de Pauline, infirmière dévouée choisie pour incarner la tête de liste du parti d’extrême-droite aux élections municipales. La jeune femme, dont le père est un ancien métallo communiste, a grandi dans le bassin minier du nord de la France et connaît la misère sociale qu’elle observe quotidiennement. Elle va peu à peu se laisser convaincre et rejoindre un parti a priori loin de ses convictions – que le relooking publicitaire a su dépasser (« Elle, c’est pas la même chose » dit-elle de la patronne du Bloc). C’est tout ce système de manipulation orchestré par le FN pour gagner des électeurs que dénonce Lucas Belvaux dans un film très habile mais qui déçoit parfois quand il verse trop dans une romance peu convaincante avec un jeune facho rejeté d’un parti qui ne veut plus de cette image publique. On félicite le cinéaste pour son engagement et son courage et, malgré ses défauts, Chez nous vaut pour sa puissante mise en garde contre un danger qui n’a pas été aussi réel depuis la France de Vichy.

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