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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Gilles Marchand revient derrière la caméra avec Dans la forêt, un conte fantastique magnifiquement mis en scène et interprété, et qui réinvente l’angoisse au cinéma.

"Dans la forêt", un film de Gilles Marchand

Tom et son grand frère Benjamin partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d'été. Tom appréhende les retrouvailles avec cet homme étrange et solitaire. Le père, lui, semble convaincu que Tom a le don de voir des choses que les autres ne voient pas. Quand il leur propose d'aller vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac, les enfants sont ravis. Mais l'endroit est très isolé, au milieu d'une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour…

 

 

Cinéaste peu prolixe (trois longs-métrages en quinze ans), Gilles Marchand a écrit des films notables avec Valérie Donzelli (Main dans la main, Marguerite et Julien), Cédric Kahn (Feux rouges), Laurent Cantet (Ressources humaines) ou Robin Campillo (Eastern Boys). On se souvient aussi de sa collaboration avec Dominik Moll, notamment pour L’autre monde ou Harry, un ami qui vous veut du bien, réalisé par le cinéaste belge. Il retrouve son comparse avec Dans la forêt, un thriller fantastique dont il a le secret, inspiré à la fois des voyages qu’il faisait enfant pour passer des vacances avec son père vivant à l’étranger et des terreurs enfantines – autant d’histoires qu’on se raconte.

 

Dès la séquence d’ouverture, chez la pédopsychiatre, Tom a un « pressentiment » et le spectateur une certitude : le jeune Timothé Vom Dorp crève l’écran. Cet enfant inquiet et mystérieux rejoint, avec son frère aîné, leur père parti vivre en Suède après une rupture apparemment violente mais dont on ne saura rien avec la mère. Ce père inquiétant, brillamment incarné par Jérémie Elkaïm, les emmène au fin fond de la forêt, dans une cabane abandonnée où les visions de Tom (encouragées par le père) vont se multiplier. Le monstre qui hante Tom est-il l’image d’un père malade, l’incarnation des terreurs d’enfant ? Gilles Marchand réinvente un classique du film d’angoisse, les peurs enfantines (la forêt, le noir, l’abandon…), et crée une atmosphère étouffante aussi bien mentalement que d’un point de vue organique (cette forêt semble sans issue). Les références sont nombreuses, on pense à La nuit du chasseur, au magnifique chef-d’œuvre Le Retour d’Andrei Zviaguintsev et, évidemment, à Shining tant Tom ressemble à Danny – le réalisateur va même jusqu’à reprendre certains plans (la voiture vue du ciel, l’enfant marchant dans le couloir…). En même temps que le précédent film de Gilles Marchand paraissait l’excellent roman de David Vann, Sukkwan Island. Que ce livre ait nourri l’imaginaire de Gilles Marchand ne serait pas étonnant… Dans la forêt est une réussite.

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