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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son premier film, Et les mistrals gagnants, Anne-Dauphine Julliand aborde le sujet difficile des enfants gravement malades. Un documentaire passionnant et bouleversant qui a la force d’éviter tout pathos.

"Et les mistrals gagnants", un film de Anne-Dauphine Julliand

Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l’instant. Avec humour et surtout l’énergie optimiste de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d’amour ces cinq petits bouts d’Homme nous montrent le chemin du bonheur. Un film à hauteur d’enfant, sur la vie tout simplement.

 

 

Anne-Dauphine Julliand a elle-même perdu une fille des suites d’une maladie – ce drame avait inspiré son ouvrage Deux petits pas sur le sable mouillé. « Une épreuve que personne n’a envie de vivre. Moi la première. Et pourtant, à travers son parcours et sa manière de vivre sa vie, j’ai découvert une autre façon de vivre la mienne. J’ai un peu redécouvert mon âme d’enfant et réappris à me soucier seulement de ce qui se passe dans l’instant. » Son premier film est le prolongement de ce travail autour d’un sujet qui prête le flanc à un écueil : le pathos. Grâce à la bonne distance et à l’intelligence de la réalisatrice, Et les mistrals gagnants échappe à toute complaisance dans le drame.

 

Qu’il s’agisse de pathologies connues (cancer, insuffisance rénale sévère) ou moins (épidermolyse bulleuse), les enfants suivis par la caméra d’Anne-Dauphine Julliand sont très gravement malades. Pour autant, ils sont pleins de vie et le plus « philosophe » d’entre eux, Tugdual, énonce même calmement une vérité bouleversante de simplicité : « Je crois que rien n’empêche d’être heureux. » Qu’un garçon de huit ans atteint de plusieurs tumeurs tienne ce discours a quelque chose de troublant. Le point commun de ces enfants est un mélange de gravité (« Quand je serai mort, je ne serai plus malade » nous lance Camille), d’humour souvent tordant et de la légèreté propre à l’enfance. Imad et Charles, incroyables de maturité, réussissent même à réconforter leur entourage malgré quelques moments d’abattement (qui le leur reprocherait ?). La jeune Ambre multiplie les activités (théâtre, badminton) malgré une HTAP (Hyper Tension Artérielle Pulmonaire) très handicapante. Les parents sont relativement absents de ce film à hauteur d’enfant mais parfois, des questions douloureuses se posent (« comment gérer la fin de vie ? » dixit une mère). Sans chercher à émouvoir à tout prix, sans « héroïser » ces enfants à outrance, Anne-Dauphine Julliand signe un hymne à la vie dont le titre rappelle l’hymne à l’enfance de Renaud.

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