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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Martin Scorsese concrétise un projet de plus de vingt ans en adaptant Silence de Shusaku Endo. Ce nouveau film est une fresque captivante dans le Japon du XVIIème siècle et une réflexion passionnante sur la foi.

"Silence", un film de Martin Scorsese

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

 

 

Quand on évoque Martin Scorsese, on pense film de gangsters, mais le cinéaste américain a déjà fait plusieurs incursions sur le terrain de la religion et de la foi avec La dernière tentation du Christ (1988) et Kundun (1997). C’est après ce dernier film que le réalisateur devait se pencher sur Silence mais différents retards de production ont ajourné le projet. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de Shusaku Endo inspiré de faits historiques dans le Japon du XVIIème siècle qui luttait contre les campagnes d’évangélisation des catholiques.

 

Après un cycle fructueux avec Leonardo DiCaprio (Aviator, Les Infiltrés, Le loup de Wall Street…), « Marty » change de registre et s’entoure d’une nouvelle génération (Andrew Garfield et Adam Driver, excellents) pour exploiter sa veine mystique. Le cinéaste fait une nouvelle fois preuve de l’intelligence de sa mise en scène et de son sens de la narration – pas d’effets de manche dans ce film assez long (2h40) mais solidement écrit et sans longueurs. Si la violence est au cœur de son cinéma (et les scènes de torture sont parfois difficilement soutenables), le thème central de son œuvre est la culpabilité. C’est cette culpabilité qui sert de clef de voûte à Silence, hanté par les notions de péché et de rédemption (les catholiques japonais, condamnés à la clandestinité et privés de prêtres depuis des années, désirent ardemment se confesser) ainsi que du mal qui s’infiltre en chacun pour mieux causer sa perte. Pour sauver sa vie, il faut abjurer sa foi aux yeux de l’Inquisition et piétiner l’image du Christ. La plupart des suppliciés acceptent mais gardent leur croyance intacte dans le cœur. Dans cette tourmente, la foi du père Rodrigues (Andrew Garfield) est mise à l’épreuve et c’est ce doute face à l’indifférence de Dieu (son « silence » face aux souffrances de ses fidèles) qui intéresse le réalisateur. A ceux qui reprocheraient à Scorsese de montrer les inquisiteurs japonais dans toute leur cruauté, rappelons les exactions de l’Eglise lors des Croisades. Trente ans après Mission de Roland Joffé (Palme d’or 1986), Martin Scorsese signe un très grand film sur l’évangélisation par les Jésuites et surtout une réflexion sur la foi et les affres des religions. Une réflexion d’autant plus passionnante qu’elle est redoutablement contemporaine.

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SERVANT 09/02/2017 19:51

Le film semble porté par un souffle épique. Dommage pour les scènes de torture (si tu dis "insoutenables"...je pense que je ne supporterai pas ) Ah ! la religion !!

Hugo Brown 09/02/2017 21:02

Ca vaut tout de même le coup d'endurer quelques scènes difficiles !

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