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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec Brimstone, Martin Koolhoven signe un western somptueux et rend hommage aux femmes victimes du sexisme et de la religion. Dans ce film admirablement mis en scène, Dakota Fanning excelle.

"Brimstone", un film de Martin Koolhoven

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…

 

 

Longtemps tombé en désuétude, le western a repris des couleurs dans les années 90 (Impitoyable, Mort ou Vif) et surtout ces dernières années, grâce notamment au triomphe de Django Unchained de Tarantino. Le réalisateur néerlandais Martin Koolhoven, dont Brimstone est le premier film à sortir en France, s’est intéressé au traitement des femmes dans le far west au XIXème siècle et a conçu un pur film de poursuite inspiré de La nuit du chasseur et Tarantino entre autres. Le film est découpé en quatre chapitres aux appellations bibliques (Revelation / Exodus / Genesis / Retribution) intelligemment agencés pour montrer la vie (ou le calvaire) d’une jeune fille (Dakota Fanning, parfaite) dans une chronologie bousculée mais qui fait complètement sens – chaque partie éclaire les précédentes.

 

Certains reprocheront à Koolhoven sa complaisance pour la violence – et il est vrai que le film est violent – mais, particulièrement dans le passé et c’est toujours vrai d’une certaine manière, le monde était régi par les rapports de force et de soumission. La violence fait partie intégrante de l’humanité. A travers le parcours de Liz, on découvre le sort réservé aux femmes : servir les hommes qui considèrent qu’elles ne possèdent pas leur propre corps (que Dieu a bien sûr créé pour le mettre à disposition de ces messieurs). Car si les femmes sont les victimes des hommes, elles le sont surtout des religions qui, de tout temps, ont considéré le sexe féminin inférieur. Le prêcheur à la poursuite de Liz (Guy Pearce) incarne en cela l’horreur absolue puisqu’il est un intégriste religieux doublé d’un mâle sadique qui justifie son désir de torture par les textes sacrés. Mais l’intérêt du Brimstone ne s’arrête pas à son propos. La mise en scène, grandiose, est à la hauteur de ce projet ambitieux et la photographie de Rogier Stoffers est un enchantement continu pendant 2h25, notamment une séquence de neige quasi-hypnotique. Un western sous forme de conte gothique qui fascine jusqu’à la toute dernière image, saisissante.

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