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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Claude Lelouch revient au chassé-croisé des destins avec Chacun sa vie, son nouveau film au casting aussi hétéroclite que fastueux. Mais cette « leloucherie » tombe à plat.

"Chacun sa vie", un film de Claude Lelouch

Ils ne se connaissent pas, mais tous ont rendez-vous pour décider du sort d’un de leurs semblables. Avant d’être juges, avocats ou jurés, ils sont d’abord des femmes et des hommes au tournant de leurs existences, avec leurs rêves et leurs secrets, leurs espoirs et leurs limites, tous sous un même soleil, chacun avec sa part d’ombre. Dans une jolie ville de province, le temps d’un festival de jazz, la vie va jongler avec les destins…

 

 

Après une passe difficile pendant les années 2000, décennie durant laquelle Claude Lelouch a enchaîné les revers commerciaux, malgré la réussite Roman de gare, par exemple, le cinéaste semblait renaître de ses cendres ces dernières années, revigoré par le succès de Salaud, on t’aime et surtout Un + Une, son plus gros succès depuis 1996 avec près d’un million d’entrées. Chacun sa vie revient à la tradition lelouchienne des destins entrecroisés à l’infini, un film choral articulé autour de la composition d’un jury d’assises à Beaune et de son président.

 

Le film s’ouvre avec un plan fixe sur Eric Dupond-Moretti expliquant le déroulement d’un procès d’assises. Le célèbre avocat, d’ailleurs le meilleur acteur ici, stupéfiant de sincérité, est indirectement à l’origine de ce projet puisque c’est en assistant à l’une de ses plaidoiries que Lelouch a eu l’idée d’imaginer la vie cachée derrière ces jurés anonymes. Pendant près de deux heures, c’est un défilé d’acteurs de tous horizons (Gérard Darmon, Jean Dujardin, Liane Foly, Marianne Denicourt, Christophe Lambert, Julie Ferrier, Chantal Ladesou, Johnny Hallyday, Nadia Farès, Rufus, Jean-Marie Bigard…). Malheureusement, sans véritable scénario, le film est en roue libre, compilant les clichés sur les hommes (des ados attardés mais tellement attachants), les femmes (si compréhensives, si belles, si douces…) et gérant mal de trop nombreuses sorties de route carrément gênantes, en vrac : une vision périmée des fonctionnaires, une séquence maladroite sur un musulman et sa cagole de femme, un regard absolument  odieux sur le viol, un « sketch » ultra vulgaire et misogyne (pauvre Vanessa Demouy)… Reste cependant une scène magnifique, comme un ilot de grâce dans cette médiocrité, entre la reine Béatrice Dalle et Eric Dupond-Moretti. C’est déjà ça, mais vraiment trop peu cette fois pour sauver le soldat Lelouch de ce naufrage.

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