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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Remarqué avec son dérangeant Illégitime, Adrian Sitaru interroge cette fois le prix de la vérité dans son nouveau film, Fixeur, articulé autour d’une équipe de reporters. La mise en scène tendue comme celle d’un thriller soutient un scénario qui ne va pas toujours jusqu’au bout de ses intentions.

"Fixeur", un film de Adrian Sitaru

Radu, un jeune et ambitieux journaliste veut se faire un nom dans la presse internationale. Quand deux prostituées mineures sont rapatriées de France, il est engagé comme fixeur dans l’équipe d’une chaîne de télévision française dirigée par un journaliste reconnu. Mais durant le voyage, les intentions, les ambitions et les limites de chacun vont se révéler.

 

 

Prix de la mise en scène à Locarno en 2011 pour Best Intentions, Adrian Sitaru s’est surtout fait remarquer en France grâce à Illégitime, son quatrième long-métrage, sorti en 2016. Le réalisateur roumain s’intéresse avec Fixeur au journalisme et aux moyens mis en œuvre pour obtenir un scoop. C’est aussi la question de la manipulation qui se pose, comme l’explique le cinéaste : « Je me suis intéressé à comment nous manipulions nos proches. Toujours au nom de principes très louables. Nous les manipulons par amour, délicatement, avec les meilleures intentions, et en refusant de considérer l’impact psychologique ou même physique que nous pouvons créer, dans le seul but d’accomplir notre idée de ce que devrait être leur vie. »

 

Le magnétique Tudor Aaron Istodor incarne Radu, un journaliste, un « fixeur » qui prépare sur le terrain l’enquête pour une équipé de reporters français (Mehdi Nebbou et Nicolas Wanczycki) bien décidés à interviewer une gamine de 14 ans enlevée et emmenée de force à Paris pour être prostituée avant d’être expulsée vers son pays d’origine, la Roumanie. La mise en scène de Sitaru, tendue, lorgne vers le thriller et n’est jamais meilleure que quand elle capte le danger ou la précipitation (pour obtenir l’interview, pour capter la bonne image, poser les bonnes questions). Petit à petit, on se rend compte que, pavée de bonnes intentions, la quête du fixeur et des journalistes pour la vérité doit passer par la négociation, pour ne pas dire une manipulation teintée d’un brin de paternalisme occidental (les séquences avec la bonne sœur ou avec le fonctionnaire jouant l’intermédiaire dans un restaurant). En filigrane, l’autre sujet du film est l’impact de la parole des adultes sur celle des enfants, qu’il s’agisse de la pression exercée par Radu sur son beau-fils pour qu’il gagne une compétition de natation ou celle exercée par le groupe de journalistes sur l’ado abusée pour qu’elle témoigne face caméra, sans présager des conséquences psychologiques sur l’un comme sur l’autre. C’est là que le film captive, même si le scénario ne va peut-être pas assez loin dans la démonstration.

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