Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Sensation des festivals de Cannes, Toronto et Gérardmer, le premier long-métrage de Julia Ducournau, Grave, bouscule les codes du film de genre. Un premier essai qui a le mérite de l’audace.

"Grave", un film de Julia Ducournau

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

 

 

Les cinéastes français s’aventurent assez peu dans le « film de genre » et Julia Ducournau, dont c’est le premier long-métrage, a choisi de frapper fort. Après deux courts-métrages déjà très organiques (Mange et Junior), la réalisatrice issue de la FEMIS retrouve son actrice fétiche Garance Marillier (révélation) pour un film mêlant teen movie, horreur et métaphore du rapport au corps. Le personnage principal ne s’appelle pas Justine par hasard, c’est une référence voulue à Sade (Justice ou les malheurs de la vertu) qui narrait le parcours d’une jeune fille innocente découvrant le plaisir d’être un objet sexuel.

 

Au centre de Grave, une thématique : le corps, la peau, le sang, bref, l’organique. D’ailleurs, si Julia Ducournau n’a jamais personnellement cédé au cannibalisme, elle est issue elle aussi d’une famille de médecins (mère gynécologue et père dermato). Car il est question de cannibalisme ici, sujet absent du cinéma français à l’exception notable du magnifique Trouble every day de Claire Denis auquel on pense forcément. Julia Ducournau évite intelligemment les litres d’hémoglobine et les scènes inutilement gore. Elle fait du cannibalisme une métaphore d’un rapport au corps qui change – Justine connaît beaucoup de premières fois – et l’objet d’une certaine fascination plastique. Malgré quelques twists trop forcés dans les dernières séquences, le film a le mérite de faire une proposition audacieuse dans un cinéma français aux premiers films souvent trop balisés.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog