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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Arnaud des Pallières signe avec Orpheline le portrait à quatre facettes d’une jeune femme. Un film fiévreux qui repose sur l’interprétation magistrale des quatre actrices.

"Orpheline", un film de Arnaud des Pallières

Portrait d’une femme à quatre âges de sa vie. Petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Adolescente ballottée de fugue en fugue, d’homme en homme, puisque tout vaut mieux que le triste foyer familial. Jeune provinciale qui monte à Paris et frôle la catastrophe. Femme accomplie enfin, qui se croyait à l’abri de son passé. Quatre actrices différentes incarnent une seule et même héroïne.

 

 

Quatre ans après la sublime austérité de son adaptation de Kleist (Michael Kohlhaas), Arnaud des Pallières se lance dans un projet tout à fait différent, cette fois inspiré de l’histoire personnelle de sa coscénariste Christelle Berthevas. Scindé en quatre parties, ce nouveau film est le portrait d’une jeune femme sous forme de kaléidoscope, à quatre âges de la vie, interprétée par quatre actrices (Adèle Haenel à 27 ans, Adèle Exarchopoulos à 20, Solène Rigot à 13 et Vega Cuzytek à 6). Ce choix dicte au film sa forme : quatre époques, racontées à rebours et allant de plus en plus vers le cœur du drame inaugural de la vie brisée de cette femme, qui se fera appeler Kiki, Karine, Sandra puis Renée. Belle idée que de partager la partition en quatre, comme pour métaphoriser l’évolution de chacun, les identités successives que nous acquérons en grandissant.

 

Avec sa mine triste et ses grands yeux, Kiki rappelle la Mouchette de Bresson. Ce qui fait d’elle une orpheline, c’est le drame dont elle est témoin dans sa prime enfance, drame qui la coupera de sa famille, de l’affection qu’elle ne cessera de rechercher dans les bras des hommes. A 13 ans (épatante Solène Rigot qui a pourtant dix ans de plus), elle fugue pour aller en boite et offrir son corps à des inconnus, en quête (vaine) d’un amour qu’elle ne connaît pas. A 20 ans, elle rencontrera des pères de substitution. A 27 ans, elle essaiera de construire sa propre famille, enceinte de son premier enfant. C’est d’ailleurs l’horizon de cette maternité qui doit la libérer, peut-être, de son trauma originel. Le film est porté par quatre actrices exceptionnelles et, même si le scénario se perd un peu parfois dans une veine criminelle pas toujours convaincante, la mise en scène au plus près du corps des actrices donne – littéralement – une incarnation à ce projet.

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