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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son premier long-métrage, Nicolas Silhol aborde un sujet brûlant d’actualité, le harcèlement moral en entreprise. Porté par la grande Céline Sallette, Corporate sonde de manière glaciale le phénomène.

"Corporate", un film de Nicolas Silhol

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

 

 

Tout le monde garde en tête la vague de suicides chez France Télécom, mettant en lumière, aux yeux effarés du grand public, les méthodes de management par la terreur de nombreux grands groupes. Le premier long-métrage de Nicolas Silhol aborde, sans nommer une compagnie en particulier, cette politique de ressources humaines agressive, placardisant les employés considérés comme inutiles ou nuisibles jusqu’à les pousser à la démission, à la dépression, parfois au suicide.

 

Céline Sallette incarne une « tueuse » (comme elle se définit), une responsable des ressources humaines aux méthodes trempées dans un cynisme qui fait froid dans le dos. La mise en scène, assez rigide, fonctionne parfaitement dans la première partie, assez théorique. La seconde partie est un peu moins bien gérée – quand la terrible RH commence à découvrir l’étendue de ses dégâts et, surtout, essaie de sauver sa peau, elle qui tient à toujours rester propre (jusque sous les bras…). Le constat est passionnant malgré un scénario un peu forcé. Le retournement du personnage de Sallette est trop soudain pour n’être que sincère et, en rejetant l’entière responsabilité sur le DRH (Lambert Wilson), Nicolas Silhol semble oublier que ce dernier n’est, lui aussi, le pion d’un échiquier beaucoup plus large, ce que le film ne fait qu’effleurer. Un portrait cependant réussi d’un capitalisme barbare, symptomatique du XXIème siècle.

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