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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Vincent Pouplard a suivi deux frères vivant en marge de la société dans son documentaire Pas comme des loups. Un film captivant et un portrait électrisant de deux jeunes hommes atypiques.

"Pas comme des loups", un film de Vincent Pouplard

Roman et Sifredi ont à peine 20 ans. Ils sont en mouvement, comme leur identité, entre exclusion et marginalité. Dans des lieux secrets, souterrains, squats, lisières de bois, sous des ciels nuageux ou des néons à faible tension, ils inventent leur vie, leur langage et leurs codes.

 

 

Alors qu’il animait un atelier, Vincent Pouplard a fait la rencontre, il y a quelques années, de frères jumeaux, Roman et Sifredi, prénoms d’origine polonaise donnés par leur père dont on ne saura rien – leur mère les a mis à la porte. On ne saura pas non plus quels faits de délinquance les ont amenés à vivre coupés de la société « classique » qu’ils rejettent. Le réalisateur ne souhaitait pas en dire trop sur leur passé : « Il y a du secret, du caché, du hors-champ… des éléments incontournables de cinéma et d’une relation aux spectateurs qui, petit à petit, ont la place pour se mettre en mouvement avec les personnages du film. »

 

S’ils sont clairement « en marge » de la société, Roman et Sifredi ne sont pas désœuvrés pour autant, à la recherche constante de nouveaux lieux à investir (une cabane, une école désaffectée, un garage…) avec leurs amis. Avec eux, ils échangent leurs points de vue sur la vie, écoutent du rap français et fument des joints. La gémellité joue ici un rôle important car, s’ils sont seuls au monde, en quelque sorte, les deux jeunes hommes ne sont jamais réellement seuls, comme deux faces d’une même pièce. Sans porter le moindre jugement, Vincent Pouplard filme ses êtres aussi sombres (ils n’ont que vingt ans) que lumineux dans la persistance de leur regard d’enfant (ils n’ont que vingt ans…). Très court (59 minutes), le film est toujours d’une étonnante densité, alternant séquences quasiment oniriques et prises de parole face caméra. Un film aussi surprenant que ses protagonistes.

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