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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Entre drame historique et horreur, William Oldroyd signe avec The Young Lady un premier film étonnant. Parfois trop programmatique, l’ensemble séduit par son interprétation et son sens de l’ellipse.

"The Young Lady"', un film de William Oldroyd

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

 

 

Metteur en scène au Young Vic Theater et à la Royal Shakespeare Company de Londres, William Oldroyd a pu compter sur une longue expérience théâtrale avant de passer à la réalisation. On ressent d’ailleurs cet aspect scénique dans les cadrages et narration de son premier long-métrage. Adapté du roman Lady Macbeth du district de Mtsensk de Nikolai Leskov, The Young Lady aborde le thème de la condition féminine au XIXème siècle.

 

Le tout petit budget du film (600 000 €) a contraint le réalisateur à une grande efficacité pour tourner ce film d’époque qui ne fait jamais cheap. Un décor unique (la maison et ses alentours), un casting resserré (excellents Florence Pugh et Cosmo Jarvis) et un scénario intelligemment construit en ellipses ont permis de mener à bien ce projet. Les premières séquences représentent la vie d’une jeune femme mariée contre son gré et considérée par son mari alcoolique et violent comme un objet sexuel (la nuit de noces est d’une tristesse infinie) et une pièce de mobilier au même titre que les meubles de la maison. Entre Emma Bovary et Lady Macbeth, Katherine s’ennuie pendant l’absence pourtant salutaire de son mari et vit une passion fiévreuse avec le palefrenier. Le film bascule, au retour du mari, dans un conte sanglant mis en scène de manière glaciale et parfois un peu trop programmatique (les personnages secondaires sont souvent stéréotypés). Si tout ne séduit pas dans ce premier effort, on saluera la qualité des interprètes principaux et de la mise en scène, sobre et frontale.

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