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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Terence Davies rend hommage à l’une des plumes les plus brillantes du XIXème siècle dans son nouveau film, Emily Dickinson, a quiet passion. Un biopic original et assez fascinant, malgré quelques longueurs.

"Emily Dickinson, a quiet passion", un film de Terence Davies

Nouvelle-Angleterre, XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson ne cesse de se rebeller contre les discours évangéliques qui y sont professés. Son père se voit contraint de la ramener au domicile familial, pour le plus grand bonheur de sa sœur Vinnie et de son frère Austin. Passionnée de poésie, Emily écrit nuit et jour dans l’espoir d’être publiée. Les années passent, Emily poursuit sa recherche de la quintessence poétique. La rencontre avec une jeune mondaine indépendante et réfractaire aux conventions sociales ravive sa rébellion. Dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite. Personnage mystérieux devenu mythique, Emily Dickinson est considérée comme l’un des plus grands poètes américains.

 

 

L’ombre de la poétesse américaine Emily Dickinson plane sur toute la filmographie de Terence Davies. Après deux très grands films, déjà beaux portraits de femme en proie aux tourments, The Deep Blue Sea en 2012 et Sunset Song en 2016, le cinéaste britannique signe un biopic de l’auteur, ou plutôt une évocation très personnelle de la vie de cette mystérieuse artiste. Pour interpréter Emily Dickinson, le réalisateur a fait appel à Cynthia Nixon, révélée par la série Sex and the City, un choix étonnant mais payant.

 

Par certains de ses plans fixes, le film rappelle une mise en scène théâtrale, mais on reconnaît rapidement le style de Terence Davies avec de somptueux plans-séquences et travellings latéraux qui enveloppent les personnages dans le décor et placent Emily Dickinson (Cynthia Nixon est parfaite) au cœur de sa famille où elle occupe pourtant une position à part, comme isolée du monde. La photographie de Florian Hoffmeister (déjà aux commandes de The Deep Blue Sea) est magnifique, mettant en lumière de manière cohérente l’univers de la poétesse. Ce personnage complexe, à la fois traditionnelle et profondément libre (« Pourquoi le monde est-il devenu si laid ? » désespère l’héroïne), fonctionne comme un double du cinéaste, lui qui a notamment souffert de son éducation religieuse et du rejet causé par la révélation de son homosexualité. Malgré quelques longueurs, particulièrement dans la deuxième heure, ce biopic qui n’en est pas vraiment un fascine et donne un éclairage intéressant sur l’œuvre d’Emily Dickinson.

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