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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après avoir fait sensation à Sundance et au box-office américain, le premier film de Jordan Peele, Get Out, débarque sur les écrans français. Non dénué d’humour, ce thriller aborde avec originalité la « question noire » et les fantasmes afférents.

"Get Out", un film de Jordan Peele

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

 

 

Jason Blum est devenu en une dizaine d’années, via sa société de production Blumhouse, le pape du genre horrifique avec des succès tels que Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare ou le récent Split de M. Night Shyamalan. Célèbre humoriste américain, Jordan Peele écrit et réalise son premier long-métrage avec Get Out – qui a affolé le box-office américain en récoltant plus de 170 millions de dollars pour un mini budget de 4,5 millions. L’angle du film de genre permet au réalisateur d’aborder de manière originale la « question noire » qui hante un certain cinéma américain contemporain.

 

Sur un point de départ somme toute classique (la présentation à la belle-famille d’un nouvel amour), Jordan Peele tisse un thriller vertigineux, souvent imprévisible et qui renverse peu à peu les codes entendus du genre. Trop accueillants pour être honnêtes, les beaux-parents (excellents Catherine Keener et Bradley Whitford) ont visiblement de bien sombres secrets – qui vont se dévoiler dans un crescendo habilement maîtrisé. Chris (Daniel Kaluuya, révélation) va découvrir bien malgré lui la piège dans lequel il est tombé. Le film, superbement mis en scène, évite les facilités sur le suprémacisme blanc : pas de Ku Klux Klan ici mais un racisme bien plus insidieux, imperceptible de prime abord mais tenace, réduisant les noirs à une puissance sexuelle héritée des fantasmes coloniaux et esclavagistes. Jamais pontifiant, toujours divertissant sans oublier son propos, Get Out est peut-être, sans effets de manche, le film de genre le plus angoissant de l’année.

 

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