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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Présenté à Cannes au sein de la Quinzaine des Réalisateurs, L’amant d’un jour clôt une belle trilogie de Philippe Garrel sur la fidélité et la jalousie.

"L'amant d'un jour", un film de Philippe Garrel

C’est l’histoire d’un père et de sa fille de 23 ans qui rentre un jour à la maison parce qu’elle vient d’être quittée, et de la nouvelle femme de ce père qui a elle aussi 23 ans et vit avec lui.

 

 

En 2013 et 2015, Philippe Garrel redessinait les contours de son cinéma avec les très beaux films La jalousie et L’ombre des femmes, courts comme des nouvelles, tournés évidemment en noir et blanc et construits sur des triangles, amoureux ou filiaux. L’amant d’un jour vient achever cette trilogie et donne à Esther Garrel son premier rôle d’envergure – elle y est remarquable, tout comme Louise Chevillotte. Ce film marque un virage dans la filmo de Garrel, virage entamé déjà avec le précédent mais confirmé et assumé ici : le sexe n’y a jamais été aussi présent. Ariane (Louise Chevillotte) est un Don Juan au féminin et prend ce qu’elle veut prendre là où Jeanne (Esther Garrel) pleure, tragiquement romantique, son amour perdu.

 

La concision du film (1h15), nouvelle marque de fabrique de Philippe Garrel, sert une narration parfois répétitive mais toujours construite en opposition à la séquence qui a précédé. Dans la séquence inaugurale, Ariane fait l’amour avec son professeur (Éric Caravaca) dans les toilettes de la fac et connaît d’un orgasme bruyant. Le montage fait suivre ses cris de jouissance aux pleurs de la fille du professeur, quittée sans préavis par son petit ami. Les deux jeunes femmes, la maîtresse et la fille, ont le même âge et vont apprendre à cohabiter, avant de vivre une grande complicité, mettant de facto le compagnon / père à l’écart. Garrel retrouve régulièrement ses tics « auteurisants » mais le film, en forme de miroir, s’ouvre et se referme avec grâce. L’aspect nouvelle vague de ce (court) long-métrage n’empêche pas une certaine modernité, à l’image de son réalisateur, formaliste sensible et observateur éclairé des affres de l’amour.

 

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