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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Christopher Nolan est de retour avec un projet pharaonique et tourné sur les plages françaises, Dunkerque, le premier film historique du cinéaste. Au-delà de la mise en scène brillante et de l’immersion dans cette histoire vraie, son rapport à la temporalité et son montage en font un très grand film.

"Dunkerque", un film de Christopher Nolan

Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

 

Depuis une dizaine d’années, Christopher Nolan est devenu un des cinéastes les plus acclamés. Après l’immense succès de sa trilogie Batman ainsi que des impressionnants Inception et Interstellar, le réalisateur quitte le fantastique et la science-fiction pour s’attaquer à un nouveau genre, le film de guerre. Mais, bien évidemment, Nolan ne l’aborde pas à la manière du blockbuster classique hollywoodien. Comme Kubrick en son temps, qui révolutionna les genres (l’horreur avec Shining, la SF avec 2001 ou le film de guerre avec Full Metal Jacket), Christopher Nolan apporte sa patte toute personnelle avec notamment, comme dans toute sa filmographie un travail passionnant sur la temporalité. 

 

Dunkerque présente trois temporalités différentes (les soldats britanniques attendant leur évacuation pendant une semaine, les bateaux de plaisance civils venant à leur secours en une journée et un aviateur tentant pendant une heure d’abattre les avions allemands bombardant les plages et les bateaux anglais) dans un montage brillant, repliant ces trois temps en un seul, jouant sur une certaine illusion spatio-temporelle qui faisait le sel d’Interstellar. Dès la première séquence, grandiose, le spectateur est littéralement immergé aux côtés des 400 000 soldats pris au piège sur la plage de Dunkerque, coincés entre la mer et l’armée allemande. Si la réalité historique pourra laisser les connaisseurs sur leur faim, le film est extraordinaire en ce qu’il ne cherche pas à reconstituer un événement point par point mais à en restituer les émotions et la peur des soldats. Comme dans The Dark Knight ou Interstellar, les personnages ne sont pas nécessairement des héros – ou en tout cas des héros ordinaires, avec leurs failles, comme les très beaux personnages incarnés par Mark Rylance et Tom Hardy (encore derrière un masque, comme dans The Dark Knight Rises), et qui tentent, coûte que coûte, de survivre. Sans faire de psychologie, Nolan nous plonge dans cette bataille avec une mise en scène maîtrisée au millimètre, un travail exceptionnel sur le son et avec une « grandiloquente simplicité » qui le rapproche, encore une fois, un peu plus de Stanley Kubrick. Assurément un des films de l’année.

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