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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec son quatrième film, Les filles d’Avril, Michel Franco continue de confronter ses personnages à des situations intenables. Porté par Emma Suarez, ce nouveau film est toutefois plus lumineux, entre innocence et cruauté.

"Les filles d'Avril", un film de Michel Franco

Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé avec son petit ami de garder l'enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l'aide sa mère Avril, installée loin d'elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en mains, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien... Jusqu'à franchir la limite. 

 

 

Dans le premier film de Michel Franco (Daniel y Ana), un frère et une sœur était forcés d’avoir un rapport sexuel par des kidnappeurs. Puis une ado subissait le harcèlement dans Después de Lucia avant que Tim Roth ne s’occupe de manière obsessionnelle de personnes en fin de vie dans Chronic, Prix du scénario à Cannes 2015. De retour au Mexique, le metteur en scène poursuit son travail d’observateur de l’humanité (les cinéastes font-ils autre chose ?) avec une certaine cruauté, et en tout cas un désir criant de confronter ses personnages à la vérité de ce qu’ils sont quand ils se retrouvent acculés dans des situations hors normes.

 

La comparaison avec Michael Haneke est logiquement née dès le premier film de Michel Franco. Mais dans Les filles d’Avril, s’il garde les plans-séquence, les cadrages et le regard clinique de son modèle européen, le cinéaste signe un film plus solaire, laissant plus de place aux personnages – y compris dans le cadre – et à leurs relations (mères-filles, entre sœurs ou dans le couple). Le réalisateur propose une réflexion sur la maternité, le rapport au corps de la femme à différents âges de la vie et signe des retournements scénaristiques radicaux et, pour l’un d’entre eux du moins, inattendus. Un film fort, cruel mais dont le plan final laisse entrevoir, pour la première fois dans son cinéma, l’espoir, certes incertain, d’une nouvelle chance.

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