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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Nadir Moknèche offre à Fanny Ardant un grand rôle dans son nouveau film, Lola Pater. L’actrice, aux côtés de Tewfik Jallab, illumine cette chronique drôle, cruelle parfois, et émouvante qui pose la question de l’acceptation de la différence.

"Lola Pater", un film de Nadir Moknèche

A la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, Farid est devenu Lola…

 

 

Après Délice Paloma ou Goodbye Marocco, Nadir Moknèche a posé pour la première fois sa caméra à Paris, où il vit depuis trente ans, pour filmer l’histoire peu commune d’un père absent devenu femme. Lola Pater, aussi flamboyant que son titre l’annonce, offre un face à face intense entre une icône du cinéma (Fanny Ardant, parfaite) et une jeune pousse de plus en plus prometteuse (Tewfik Jallab, tout en nuances).

 

Dès les premières minutes, le film nous plonge dans le chagrin de Zino qui vient de perdre brutalement sa mère adorée. Musicien, le jeune homme accorde des pianos (un métier rarement montré à l’écran) mais a pourtant bien du mal à trouver la note juste quand il rencontre Lola, alors qu’il recherche son père et ignore qu’il s’agit de la même personne. De cet affrontement, car il n’est certainement pas évident de comprendre ce « pater » qui lui a tellement manqué et qui pourtant ne pouvait plus rester dans un corps qui n’était pas le sien. Nadir Moknèche filme cette rencontre avec une grande douceur, un peu d’humour et un sens du sublime même dans les scènes qui pourraient être grotesques (la révélation et la phrase « Je suis ton père » inlassablement associée à Star Wars). Fanny Ardant incarne une femme libre confrontée au contrepoids de sa liberté : les conséquences de ses « choix » sur la vie des autres (son fils, son ancienne femme, sa nouvelle compagne magnifiquement interprétée par Véronique Dumont). « Drôle de pater que tu as, là ! » lance-t-elle, flamboyante et fragile, avec « un petit air de Beyoncé » que lui accorde le réceptionniste de l’hôtel dans toute sa gentillesse. Lola Pater est un très beau film sur l’acceptation de la différence dans un monde qui continue de rejeter ceux qui ne sont pas dans la « norme », mais aussi une belle réflexion sur le rapport parent-enfant.

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