Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après le succès de Gloria, Sebastián Lelio signe avec Une femme fantastique un nouveau portrait de femme et un regard sur la société chilienne. Digne héritier d’Almodóvar, le cinéaste sublime son héroïne.

"Une femme fantastique", un film de Sebastián Lelio

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s'aiment loin des regards et se projettent vers l'avenir.
Lorsqu'il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d'Orlando : une "sainte famille" qui rejette tout ce qu'elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu'elle est : une femme forte, courageuse, digne ... une femme fantastique !

 

 

Récompensé à Berlin en 2013, Gloria illuminait les écrans français début 2014 avec le magnifique portrait d’une femme entre deux âges incarnée par Paulina Garcia. Quatre ans plus tard, et juste avant la sortie de son premier film américain, Sebastián Lelio donne à Daniela Vega son premier rôle – une révélation – et met en avant une actrice transgenre, ce qui reste encore assez rare dans le cinéma mainstream.

 

A la mort de son compagnon, Marina se retrouve confrontée à l’animosité de la famille du défunt et au regard de la société sur son statut encore mal compris et souvent mal accepté. Le cinéaste explique que plus de vingt-cinq ans après la fin de la dictature au Chili, son pays « fait preuve d’un capitalisme sauvage. Le film a effectivement lieu dans ce contexte-là. En termes de capitalisme, Marina est un être improductif. Elle n’est pas capable de procréer et donc de donner naissance à un autre employé, à un autre consommateur. Elle vit pour la beauté du geste. Son existence, c’est de la poésie pure. » Si le film n’est pas militant, il met en lumière un phénomène bien réel, parallèle mais différent de l’homophobie :  le transphobie. Une femme fantastique est également l’occasion d’une réflexion sur le statut de la femme dans la société, sur le deuil et la nécessité de la continuité de la vie après ce deuil – Marina est toujours en mouvement. Un film réjouissant qui souligne que le salut se trouve peut-être dans l’art grâce à un final digne des grandes héroïnes de Pedro Almodóvar.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog