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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Les frères Benny et Joshua Safdie franchissent un cap avec Good Time. Leur quatrième long-métrage, porté par la star Robert Pattinson, a fait passer le tandem de l’underground new-yorkais à la compétition officielle cannoise. Un film sans temps mort sur leur sujet de prédilection : les oubliés de l’Amérique. Une belle réussite.

"Good Time", un film de Ben et Josh Safdie

Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s'enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

 

 

Découverts il y a une dizaine d’années, Ben et Josh Safdie semblent proposer à chaque fois un cinéma meilleur que le précédent. Après The Pleasure of Being Robbed, le remarquable Lenny and the kids ou le plus récent et tout aussi remarquable Mad love in New York, les deux frères passent à la vitesse supérieure avec Good Time en engageant Robert Pattinson, décrochant également une sélection officielle en compétition à Cannes 2017. Un thriller nerveux qui sonde toujours les « bas-fonds » de la Grosse Pomme.

 

Sans effets de manche, sans grandiloquence, les Safdie filme dans les premières minutes un braquage inventif, « muet » et qui semble réussi, sans la moindre victime. Mais rapidement, l’affaire tourne mal et les deux frères (Robert Pattinson et Benny Safdie lui-même dans le rôle – pas facile mais sans cliché – d’un autiste) se retrouvent en prison pour l’un et en cavale pour l’autre. Le Queens, ce quartier si particulier de New York dans lequel les réalisateurs ont grandi, est aussi un personnage en ce que l’on a rarement vu la ville filmée ainsi. Pour l’aspect thriller new-yorkais, très balisé, on pense forcément à Scorsese (qui produira leur prochain film) tandis que la relation entre deux frères si différents (une tête brûlée qui pense sauver son frère autiste en l’entraînant dans sa propre folie) se rapproche clairement de l’univers des précédentes productions Safdie. Leurs deux regards hébétés dans les deux dernières séquences en disent long sur l’aveuglement et la fuite en avant de ce duo improbable et pourtant lié par le sang. Sans oublier les éternels oubliés de l’Amérique, Ben et Josh Safdie enrichissent leur cinéma et nous donne encore à voir l’étendue du talent de Robert Pattinson, après des passages réussis chez Cronenberg ou James Gray.

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