Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

En compétition à Cannes 2017 six ans après The Artist, Michel Hazanavicius s’attaque au mythe Godard dans son nouveau film, Le redoutable. Malheureusement, le cinéaste culte de la Nouvelle Vague n’inspire rien au réalisateur de OSS 117, à part quelques bons mots.

"Le redoutable", un film de Michel Hazanavicius

Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoïste hors système aussi incompris qu'incompréhensible.

 

 

La classe américaine, désopilant « Grand Détournement » (l’autre titre de ce programme du Canal Plus de la grande époque, en 1993) des productions hollywoodiennes, savoureux film de montage et doublage bloqué par des raisons de droits mais visible sur YouTube, est ce que Michel Hazanavicius a fait de mieux dans sa carrière. Plus d’une décennie après, le réalisateur enchaînait les succès et faisait de Jean Dujardin une star avec deux volets d’OSS 117 et The Artist, couvert de récompenses dans le monde. La déconvenue du drame The Search a poussé Hazanavicius à revenir à la comédie potache en adaptant à sa façon le récit d’Anne Wiazemsky, compagne de Godard entre 1967 et 1969.

 

Alors qu’il surfe sur la (nouvelle) vague du succès, Godard prend conscience avec l’échec de La Chinoise qu’il veut (doit ?) changer son cinéma et rendre compte du monde qui l’entoure (Vietnam, Palestine et autres conflits mondiaux). En mai 68, s’il n’a plus l’âge des étudiants qui jettent le pavé, le cinéaste veut « se révolutionner » lui aussi et devient un critique radical du cinéma tel qu’il est, reniant jusqu’à ses propres films, des chefs-d’œuvre pour la plupart. Si Hazanavicius trouve quelques bons mots dont on peut imaginer que Godard les approuverait, il échoue à embrasser la complexité du personnage, n’en faisant qu’un guignol égocentrique, méchant et méprisant (et il fut violent, sans aucun doute). La construction du film en chapitres annoncés par des slogans, quelques idées de mise en scène (le doublage involontaire de La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, les sous-titres révélant les pensées au-delà de la parole) ne suffisent pas à sauver l’ensemble qui ressemble à une blague potache dont on ne sait jamais si Hazanavicius méprise Godard, ne le comprend pas ou le prend juste comme prétexte à un énième personnage grotesque (la bonne blague…). On retient tout de même l’apparition de Romain Goupil en flic en mai 68 (ce qui ne manque pas de piquant) et surtout le talent (sous-exploité ici) de Stacy Martin, révélée par Lars von Trier (Nymphomaniac) et Nicolas Saada (Taj Mahal).

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog