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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 23:47

En salles depuis ce 2 décembre, La Famille Wolberg est le premier long-métrage d'Axelle Ropert, qui officie d'habitude comme critique dans Les Inrocks notamment. Elle donne au belge François Damiens un rôle inattendu dans un film partiellement réussi.

 


 

 


Il est capable de faire un discours étonnant sur la soul américaine à des écoliers éberlués, de se mêler de la vie privée de ses concitoyens, ou encore de faire jurer à sa fille de 18 ans que jamais, au grand jamais, elle ne quittera la maison familiale. C'est Simon Wolberg, maire d'une petite ville de province, amoureux fou de sa femme, père envahissant et fils provocateur! C'est l'obsession de la famille qui porte cet homme. Qui le pousse à mettre à l'épreuve ces liens, à en vérifier la force et la fragilité.

 


 

 


Axelle Ropert a choisi un paysage de neige, d'hiver et déserté pour son premier film. François Damiens, connu pour ses rôles comiques et surtout ses hilarantes caméras cachées, incarne Simon Wolberg, le maire d'une petite ville du Béarn. Il est juif, français d'origine polonaise et a une vision absolue de la famille, même dans sa façon de gérer sa commune. La réalisatrice annonce : "La Famille Wolberg est un mélodrame familial, genre qui pose des questions dont j'aime la simplicité : qu'est-ce qu'un père de famille, comment un homme et une femme peuvent rester ensemble des années durant, comment laisser ses enfants partir et comment quitter son père et sa mère?"

 

Les dialogues sont volontairement très littéraires, surannés, loin de tout naturalisme. Les enfants polis de la première scène (formidables jeunes acteurs d'ailleurs) se révèlent beaucoup plus consistants que l'image qu'on s'en fait au début. La mère, Marianne (Valérie Benguigui), comme les enfants se sentent étouffés par ce père à l'amour absolu, jaloux, entier, parfois irritant même. Paradoxal, Simon Wolberg veut tout prendre en charge (sa ville, sa femme, ses enfants, son père, ses "concitoyens"…) et en même temps se laisser aller, rester allongé l'après-midi après avoir fait l'amour avec sa femme qu'il aime au-delà de tout, même si elle le trompe, comme pour échapper à cette prison de sentiments et parce qu'elle sent bien qu'elle devra le quitter bientôt. Le frère débarque dans cette confusion, en profond conflit avec Simon. Il est "bohème" selon le père de famille et il faut donc se méfier. Une jolie scène montre cet oncle expliquer à son neveu qu'on peut faire la distinction entre ceux qui sont "dans la vie" et "pas dans la vie" mais qu'il est plus amusant de passer d'un côté à l'autre. C'est là l'esprit du film, ce sentiment d'impermanence et de nostalgie.

 

Mais le film d'Axelle Ropert atteint aussi ses limites avec ce patriarche qui veut faire cavalier seul et préserver sa famille d'un drame (que l'on devine trop vite). La phrase de Marianne à son fils est révélatrice de la poésie inhérente à ce film aux traits néanmoins souvent trop marqués : "Tu n'es qu'un enfant et déjà nostalgique". Axelle Ropert réussit de jolis passages sur le temps qui passe, une réflexion sur la famille et le don de soi mais lasse aussi par trop de flou artistique.




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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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