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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 21:37

Troisième long-métrage de Richard Kelly, sorti le 4 novembre, The Box est un film fantastique mettant en scène une Cameron Diaz excellent et inédite. Avec un goût prononcé pour l'étrangeté, le réalisateur signe un film intense et très réussi, en référence constante à Stanley Kubrick.

 

 


 

Norma, son époux et leur fils mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient 1 000 000 $, mais cela entraînerait la mort d'un inconnu.

 

 

 

 


 

Le début du film laisse présager de prime abord un thriller US parmi d'autres. Mais pas tout à fait. Le soin du détail donné aux décors et costumes (l'histoire se déroule en 1976) ainsi que la photographie très stylisée rappellent la précision de mise en scène de grands noms dont Kubrick, bien sûr, mais aussi Hitchcock ou David Lynch qui aime à répéter que "le chef-d'œuvre est dans le détail". Dans ce tableau d'une Amérique banale des seventies, le cinéaste amène quelques particularités aux personnages : Norma boite suite à un accident survenu à l'adolescence, Arthur (le mari) se voit refuser le poste de ses rêves (une mission spatiale visant à chercher des traces de vie sur la planète Mars) pour d'obscures raisons de tests psychologiques, ce Mr. Steward qui se présente à leur domicile a le visage à moitié évidé, comme rongé par l'acide… Si l'on ajoute toutes les difficultés quotidiennes et domestiques du couple, les agents anxiogènes s'installent mine de rien mais efficacement. Et puis l'arrivée de cette mystérieuse boîte a-t-elle un rapport direct avec la disparition inexpliquée d'une victime d'un accident nucléaire?

 

Norma est professeur de lettres et étudie Huit clos de Sartre avec ses élèves. Le débat axé sur la fameuse citation "L'enfer, c'est les autres" semble d'abord hors de propos avant de prendre une autre dimension au fur et à mesure de l'avancement du film. Richard Kelly tisse sa toile autour du spectateur comme autour de ses personnages. Le problème éthique posé au couple (la mort d'un inconnu innocent contre un million de dollars) renvoie à une réflexion millénaire sur le libre-arbitre, la morale, la conscience mais aussi sur la liberté individuelle, qui ne serait peut-être qu'illusion. Richard Kelly pourrait cependant être taxé de misogynie tant ce questionnement se resserre parfois autour du péché originel et de la culpabilité de la femme. Mais c'est aussi le mal d'une société, celle des seventies qui augurait les mouvements de libération de la femme, que la cinéaste décortique.

 

Avec une réalisation parfaite, un dosage exemplaire de suspense, d'étrangeté, d'absurde et de poésie, Richard Kelly fait de The Box un grand film, à la fois spectaculaire et métaphysique, comme Stanley Kubrick savait les orchestrer.




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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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