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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Littérature

Née le 13 août 1967 au Japon, Amélie Nothomb s'est souvent racontée dans ses romans. Certains purement autobiographiques, d'autres simplement personnels.

 

Depuis septembre 1992 et la parution de son premier roman Hygiène de l'assassin, Amélie nous gratifie chaque rentrée d'un nouvel ouvrage (édition Albin Michel). 15 romans et une pièce de théâtre (Les combustibles, 1994) depuis sa première publication.

 

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Son nouveau roman, Ni d'Eve ni d'Adam, parachève son autobiographie amorcée avec Le sabotage amoureux en 1993. Si Cosmétique de l'ennemi, Les catilinaires, Péplum, Attentat, Acide sulfurique, Journal d'Hirondelle ou encore Mercure sont de pures fictions, Robert des noms propres est un roman-concept autour de la chanteuse RoBERT sorti en même temps que l'album Celle qui tue de cette dernière sur lequel Nothomb a signé de nombreux textes.

 

Mais Amélie Nothomb a aussi publié en 15 ans son autobiographie dans le désordre chronologique. En les remettant dans l'ordre de sa vie, nous avions Métaphysique des tubes (2000), Le sabotage amoureux (1993), Biographie de la faim (2004) et Stupeur et tremblements (1999). Une ellipse d'un an manquait au puzzle. En août 2007, Amélie Nothomb met fin à ce problème en publiant Ni d'Eve ni d'Adam, qui reprend sa vie précisément à la fin de Biographie de la faim et chevauche sur Stupeur et tremblements.

 
 

Elle déclare : "Stupeur et tremblements pourrait donner l'impression qu'au Japon, à l'âge adulte, j'ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d'Eve ni d'Adam révélera qu'à la même époque et dans le même lieu, j'ai aussi été la fiancée d'un tokyoïte très singulier."

 
 

On redécouvre une Amélie Nothomb aussi piquante que dans Stupeur et tremblements. Son amour du Japon, sa poésie et son humour sont au sommet. Elle est troublante de sincérité derrière une sorte de cynisme ou d'indifférence dont elle se pare de temps en temps.

 
 

Elle écrit : "S'éprend-on de ceux pour qui l'on a du goût? Impensable. On tombe amoureux de ceux que l'on ne supporte pas, de ceux qui représentent un danger insoutenable. Schopenhauer voit dans l'amour une ruse de l'instinct de procréation : je ne puis dire l'horreur que m'inspire cette théorie. Dans l'amour, je vois une ruse de mon instinct pour ne pas assassiner autrui : quand on éprouve le besoin de tuer une personne bien définie, il arrive qu'un mécanisme mystérieux -réflexe immunitaire? fantasme d'innocence? peur d'aller en prison?- me fasse cristalliser autour de cette personne. (…) Il n'est pas banal que j'écrive une histoire où personne n'a envie de massacrer personne."

 
 

Une belle déclaration d'amour au Mont Fuji, l'une des plus belles choses qu'elle ait pu voir, et une belle parabole : "Vieux frère, je t'aime. Je ne te trahis pas en partant. Il peut arriver que fuir soit un acte d'amour. Pour aimer, j'ai besoin d'être libre. Je pars pour préserver la beauté de ce que j'éprouve pour toi. Ne change pas."

 
 

Un roman très touchant et qui ne manque pas d'humour, parfois aussi noir que la blanche peau d'Amélie…


...HB...

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