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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Mylène Farmer



Assez rare pour être signalé, un article élogieux sur Mylène Farmer dans un magazine de cinéma, en l'occurrence Studio. En effet, dans la parution de mars 2006 (#221, page 53), Jean-Pierre Lavoignat écrit :

 
 




 
"Une actrice à Bercy
 
 

Je ne suis pas un habitué des concerts de Mylène Farmer. Mais là, je suis plus que bluffé. Il y a à la fois le plus spectaculaire et le plus intime. L'efficacité et la singularité. La démesure et l'émotion. D'un côté, son arrivée, depuis les cintres, dans un cercueil de verre, un décor égyptien monumental, un rideau d'eau, une scène en forme de croix gothique qui s'avance au cœur de la foule, et cette allure incroyable d'une Blanche-Neige revue et corrigée par la marquis de Sade qui serait fan de mangas… De l'autre, la voix froissée comme du papier de soie, mais qui habite, pourtant, mieux qu'un orchestre symphonique la caverne de Bercy, la douleur, l'abandon, les larmes même, et ce visage d'opaline d'une pureté infinie… L'heure est à la ferveur. C'est un culte que l'on rend ici à une déesse. Bien sûr, il y a dans tout ça une part de jeu, sur scène comme dans les gradins. Mais elle n'enlève ni la sincérité, ni l'évidence du phénomène, et ne fait qu'amplifier le plaisir que chacun, la chanteuse comme son public, prend à ce concert-spectacle totalement atypique.
Cela me renvoie forcément à l'interview que j'avais faite de Mylène Farmer pour Studio, quelques mois avant la sortie de Giorgino, de Laurent Boutonnat (#82). J'avais été surpris et touché par son désir absolu d'être actrice, par cette passion qui semblait la consumer. Je me souviens encore de l'éclat de son regard lorsqu'elle en parlait dans la semi-pénombre d'un salon de l'hôtel Raphaël. Je ne peux m'empêcher de penser que, n'ayant pas pu assouvir dès ses débuts ce désir irrépressible, faute de propositions cinématographiques, elle l'a exprimé dans l'univers de la chanson. Avec Laurent Boutonnat, qui partage avec elle cette soif de cinéma insatiable et contrariée, elle s'est inventée des personnages et a porté leur composition, leur interprétation, jusqu'à un tel sommet de perfection qu'il a fait disparaître la femme derrière la légende. "Un mystère en pleine lumière", comme on disait de Camille Claudel, et qui est aussi la plus juste définition des stars que je connaisse. Je me dis qu'un metteur en scène aimant les actrices et qui serait prêt avec le romanesque d'un tel personnage pourrait faire avec elle un grand film…"




Il est vrai que les treize spectacles que Mylène Farmer a donnés en janvier 2006 à Paris-Bercy sont indescriptibles, incomparables, raison pour laquelle j'ai tant de mal à faire un article sur cet évènement…
En tout cas, le journaliste a vu juste, je crois. L'émotion dans la démesure. Et je suis également ravi de lire que l'on disait de Camille Claudel qu'elle était "un mystère en pleine lumière" car j'ai toujours vu un lien entre ces 'déesses' de la chanson et de la sculpture. Je comptais d'ailleurs faire un article sur l'incroyable film Camille Claudel, avec Isabelle Adjani ; il pourrait venir bientôt...



...HB...

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