Le premier film écrit et réalisé par Bernard Campan, La face cachée, est sorti il y a quelques semaines en DVD. Retour sur cette première réalisation qui n'a pas trouvé son public à sa sortie en septembre 2007 (115 000 entrées).
Après des années de vie commune, François et Isa se sont enfoncés dans une routine qui semble peser sur lui. Mais il se pourrait que la personne qui souffre ne soit pas la plus démonstrative. Après des années de vie commune, ils vont enfin se rencontrer...
Depuis Se souvenir des belles choses (2002) et L'homme de sa vie (2006 - lire l'article du 11 juin 2008), les deux premiers films de Zabou Breitman, on a compris que Bernard Campan était celui des "Inconnus" qui avait le mieux géré l'après-groupe. Avec son premier long-métrage derrière -et aussi devant- la caméra, il réussit un "beau film triste" comme le soulignait lors de sa sortie le Figaroscope.
Comme la plupart des premiers films, La face cachée souffre de maladresses. La première est celle de Bernard Campan qui a choisi d'être à la fois derrière et devant la caméra, exercice extrêmement difficile. Si son jeu est bon, il est trop affecté par le travail d'écriture et de réalisation et, de plus, le sentiment personnel et la volonté de bien faire sont trop présents. En outre, le fameux secret d'Isa (K.Viard) est un peu trop vite détectable, mais ce n'est pas l'enjeu du film.
Karin Viard est excellente dans ce rôle fantomatique, un peu comme dans La tête de maman quelques mois plus tôt. Elle porte le fardeau de son secret et rend délectable la lenteur assumée du film. Jean-Hugues Anglade, le meilleur ami de François (B.Campan), joue sa partition un peu conventionnelle.
Le sujet principal du film, outre le couple à la dérive, est la peur de la mort et la fatalité de la vie. François a peur de se réveiller trop tard, de passer à côté de sa vie, ce qu'il fait de facto en ne cessant de se poser cette question. Le film devait s'appeler La vie est un rêve..., en référence à un proverbe persan qui dit "La vie est un rêve dont la mort nous réveille". Bernard Campan ajoute : "C'est cette peur de la mort qui va réveiller François. Le bonheur ressemble à une prise de conscience pour lui".
Film sombre, La face cachée montre un homme en parallèle de sa vie mais qui, par sa prise de conscience douloureuse et ses difficultés de couple, ouvre une voie, une tentative d'issue. Un film dans des teintes bleutées qui sait être sensible en dépit de dialogues parfois moyens.
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