Nouvelle étape dans mon retour sur la filmo de Woody Allen : Manhattan, un des films majeurs du cinéaste sorti en 1979.
Isaac Davis est un auteur de sketches comiques new-yorkais de 42 ans que son épouse Jil vient de quitter. Celle-ci vit maintenant avec une autre femme, Connie, et écrit un livre sur son ancienne vie conjugale. Isaac, quant à lui, entretient avec une collégienne de 17 ans, Tracy, une liaison dont il lui rappelle le caractère éphémère. Il l'abandonne bientôt pour se mettre en ménage avec Mary Wilke, la maîtresse de Yale Pollack, son meilleur ami.
Dans la veine de Annie Hall (lire l'article du 13 juillet 2008), Manhattan est un film psychanalytique qui dissèque le couple, les relations hommes/femmes et les questionnements existentiels de Woody Allen.
Mais Manhattan est aussi une déclaration d'amour du cinéaste à sa ville, New-York. Woody Allen voue, on le sait, un véritable culte à la Big Apple. Il a voulu tourner tout le film en décors naturels, même les intérieurs ; aucune scène n'a été tournée en studio. Allen filme de magnifiques plans des différents quartiers de New-York, plus spécialement dans celui de Manhattan, avec une perspective globale de la ville qu'il considère comme l'un des personnages essentiels du film.
Le choix du noir et blanc est délibéré car pour Allen, New-York est une ville en noir et blanc. Les dégradés sont autant de nuances de sentiments et la photographie joue un rôle important dans cet opus.
On retrouve dans Manhattan le fameux phrasé allenien, balbutiant et rapide. Diane Keaton est toujours aussi sublimée par la caméra d'Allen. On rit, mais le film s'éloigne encore un peu plus du burlesque des débuts pour affronter les méandres intellectuels du cinéaste. Woody Allen, en pleine "crise de la quarantaine", est plus sérieux, pense à l'avenir, à la mort, à l'échec de ses relations amoureuses, à son hypocondrie.
Manhattan est en général un des films préférés du public et a obtenu de nombreuses récompenses en 1980 : César du meilleur film étranger (et 2 500 000 entrées en France, l'un des plus gros succès d'Allen), meilleur réalisateur pour les critiques londoniens et new-yorkais et BAFTA (équivalent anglais des Césars ou Oscars) du meilleur film.
Les prestations de Diane Keaton et Woody Allen sont aussi remarquables que dans Annie Hall mais avec plus de gravité, comme leur relation personnelle à ce moment. Manhattan est aussi l'occasion de retrouver l'immense Meryl Streep (la seconde ex-femme d'Issac / Woody) dans l'un de ses premiers rôles, la même année que le légendaire Kramer contre Kramer.
Le film est aussi notable pour sa musique : Gershwin nous accompagne pendant 90 minutes...
Manhattan est une œuvre phare de la filmographie de Woody Allen, cinéaste amoureux de New-York "totalement, tendrement, tragiquement" pour reprendre la célèbre réplique de Piccoli dans Le mépris de Godard.
Commentaires