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Vendredi 25 juillet 2008

Révélée au grand public par Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel en 1993, Laurence Ferreira Barbosa revient depuis le 16 juillet avec sa nouvelle réalisation, Soit je meurs, soit je vais mieux, un film touchant avec Florence Thomassin.

 


 

Après que son père a quitté le foyer pour une autre femme, Martial, 16 ans, doit déménager avec sa mère, Sabine, pour un appartement plus modeste. Nouveau quartier, nouveau lycée, Martial a du mal à s'intégrer. Sa mère propose de l'aider, mais maladroite et fantasque, elle ne fait qu'envenimer la situation. Martial se sent alors un peu plus exclu de la collectivité et décide de se rapprocher d'un couple de jumelles de son âge, étranges et marginales. Commence pour Martial une suite d'expériences aussi inquiétantes qu'excitantes.

 


 

Cinquième long-métrage de Laurence Ferreira Barbosa, Soit je meurs, soit je vais bien s'intéresse à la relation mère-fils. Florence Thomassin et François Civil interprètent ces deux personnages dans une relation exclusive en pleine adolescence. Martial est un ado contraint par le divorce de ses parents à changer de vie. Jusque là, rien d'extraordinaire. Sabine, la mère, est très possessive, se sent coupable et étouffe son fils, avant de l'abandonner littéralement pour essayer d'être heureuse avec un autre homme. L'intégration de Martial dans son nouveau lycée est difficile, face à un petit-bourgeois complexé et aussi populaire que superficiel (Emile Berling, qui décidément est de tous les seconds rôles d'ado cette année) ou une girl next door un peu lourde. Il est rapidement fasciné par deux jumelles qui ont fait le choix de ne pas s'intégrer à la classe. Elle préfère s'introduire en l'absence des propriétaires dans les maisons bourgeoises où leur mère fait le ménage.

 

Laurence Ferreira Barbosa justifie son choix de situer l'action en banlieue parisienne : "Dans mes rêveries, la banlieue m'apparaît toujours comme une terre vierge à explorer, un paysage inconnu et étrange, parfois hostile ou laid, mais qui renferme aussi sa part de mystère et de curiosité. Un territoire de fiction. (...) J'ai recréé une ville imaginaire avec ses différents quartiers, ses différences sociales". La cinéaste ne veut pas réduire la banlieue à quatre murs d'un lycée ou d'une cité. Elle explore des espaces vagues dans de -parfois trop- longs travellings. L'aspect disparate qu'elle a voulu va dans le sens de Martial, complètement à l'abandon. "J'ai volontairement exagéré le trait, quitte à m'écarter du chemin du réalisme" précise-t-elle.

 

La mère est donc interprété par Florence Thomassin ; immense actrice à mon goût trop peu employée. Elle a quelque chose d'une Jeanne Moreau version borderline. Car, tout comme dans Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, la réalisatrice prend des personnages borderline qui, à moment donné, franchissent justement la ligne. La mère totalement inconsciente et dépassée est peut-être la Valeria Bruni Tedeschi des Gens normaux... quinze ans plus tard... Ferreira Barbosa parle de son actrice principale : "Elle a apporté quelque chose qui est irréductiblement elle. (...) Elle n'était pas en demande d'explication, elle s'est connectée au personnage sans vraiment m'en faire part et j'aime bien cette autonomie. Florence Thomassin accorde sa confiance et elle s'abandonne".

 

Les étranges jumelles sont jouées par Karine et Marine Barbosa (aucun lien de parenté, pur hasard). Elle représente la vie, avec ses côtés noirs et lumineux. Elles sont le chemin de la perdition, le passage fantasmé à l'âge adulte, le fameux élan de la jeunesse et aussi le vertigineux inconscient de Martial à ce moment si particulier de son développement. Elles sont rusées, séduisantes et dangereuses. Martial va devoir se mesurer à elles, et donc à lui-même. Les jumelles le conduisent au lit et bien au-delà, dans une tournure plus dramatique à la fin.

 

Soit je meurs, soit je vais mieux est à la fois un film sur la relation mère-fils, l'adolescence, le divorce, la banlieue, une comédie et une drame, un film réaliste et fantastique. Malgré quelques notables longueurs, Laurence Ferreira Barbosa réussit ce nouvel opus avec une dextérité pas si visible que ça mais bien réelle.



...HB...
par ...HB... publié dans : Cinéma
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