Pour poursuivre ma série d'articles consacrés à Woody Allen, j'ai choisi un film moins connu, Broadway Danny Rose, tourné en noir et blanc et sorti en 1984. Il s'agit du troisième des douze films qu'il fera avec sa muse des années 1980, Mia Farrow.

Un groupe d'artistes de cabaret se remémore les aventures de Danny Rose (Woody Allen), l'impresario le plus ringard du show-business. Névrosé, pleutre et hypocondriaque, Danny Rose se dévouait corps et âme pour ses "protégés" : un danseur de claquettes unijambiste, des pigeons joueurs de piano ou encore un xylophoniste aveugle. La gloire semblait pourtant pointer le bout de son nez en la personne de Lou Canova (Nick Appolo Forte), un crooner has been auquel il croyait dur comme fer. Mais c'était compter sans Tina (Mia Farrow), sa maîtresse qui s'était acoquinée avec la pègre...
Avec ce film, Woody Allen rend une nouvelle fois hommage à New York et aussi au music-hall qu'il aime tant : les cabarets de jazz. Mais c'est la parodie qu'il a choisi pour en parler. Woody Allen montre des hommes parlant de Danny Rose dont on suit les aventures sous forme de flashbacks, système qu'il reprendra pour Melinda & Melinda en 2005.
Pastiche du film de gangsters (la sens de l'hélium est hilarante), déclaration d'amour au jazz, énième complainte autoanalytique allenienne, Broadway Danny Rose est un film à (re)découvrir. Le burlesque, qu'il avait un peu abandonné depuis près de dix ans, refait son apparition et la logorrhée permanente de Woody Allen est délectable. Pendant 80 minutes, Woody Allen nous entraîne tambour battant dans une folle embardée et propose un portrait cinglant du monde des petits cabarets new-yorkais.
Lou Canova est un chanteur italien qui a fait un tube dans les années 1950 et tente éternellement de faire son come-back. Une sorte de Frédéric François, version grasse et alcoolique. Mia Farrow campe une vamp dont la devise est "Fais ce que tu dois faire" et qui se soucie peu des dommages collatéraux. Woody Allen est encore une fois ce new-yorkais névrosé en questionnement sur les rapports hommes/femmes, son judaïsme, la notion de culpabilité et les difficultés du milieu artistique.
Un film un peu oublié malheureusement mais en son temps cité aux Oscars dans les catégories "meilleur réalisateur" et "meilleur scénario", remportés respectivement par Milos Forman pour Amadeus et Robert Benton pour Les saisons du cœur.
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