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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma



Sorti en 2004, ce film de François Ozon met en scène cinq moments de la vie d'un couple interprété par Valeria Bruni-Tedeschi et Stéphane Freiss, mais à rebours, du divorce à la rencontre. Pour le choix de raconter cette histoire à rebours, le réalisateur se justifie : "J'avais été marqué par le téléfilm Two friends de Jane Campion, une relation d'amitié racontée à l'envers. On commençait par la séparation de deux amies jusqu'au moment de leur rencontre. Souvent les narrations à l'envers engendrent une forme de suspense : on attend la révélation finale. (…) J'avais été touché par cette approche de l'amitié, qui nous faisait revivre une relation à rebours au point qu'à la fin du film on avait presque oublié que les personnages finiraient par ne plus s'entendre, on pouvait essayer d'y croire à nouveau. Cette narration m'a tout de suite semblé idéale pour une histoire d'amour."

 

5x2, c'est l'histoire de Marion (Valeria Bruni-Tedeschi) et Gilles (Stéphane Freiss). Ozon nous montre cinq moments de la vie de ce couple en commençant par leur rupture. Ces cinq moments sont : le divorce, les tensions qui naissent au cours d'un dîner entre amis, la naissance de leur enfant, le mariage et la rencontre.

Le cinéaste déclare : "Quand un histoire d'amour se termine et que l'on essaye de se la remémorer, on repense d'abord et surtout aux derniers moments qu'on a vécus, ceux qui ont mené à la rupture. Il me semblait donc que, pour avoir un regard juste et lucide sur l'histoire d'un couple, il fallait commencer par la fin et revenir petit à petit vers la rencontre. Plus on remonte dans le temps, plus on va vers une forme plus légère, presque d'idéalisation. Je voulais faire partager différentes émotions que traverse un couple au cours de son histoire : l'indifférence, le dégoût, l'effroi, la jalousie, la rivalité, la complicité, l'attraction…"

 

La particularité du film est de ne jamais montrer de moments électrochocs de l'histoire de ce couple. La naissance de leur enfant et la scène où Marion trompe Gilles le soir même de leur mariage sont tournées de façon très lisse pour faire en sorte que le spectateur ne se dise pas "Voilà la raison pour laquelle ils vont se séparer". François Ozon pense que "c'est une facilité de dire que c'est le quotidien qui tue un couple". Il peut y contribuer mais ce n'est souvent qu'un vernis pour masquer les vraies divergences entre deux personnes. Ce qui intéressait le réalisateur était de filmer des moments forts de la vie d'un couple sans donner uniquement ce quotidien à suivre.

 

En effet, on remonte l'histoire de ce couple qui se délite en comprenant ce qui fait qu'ils se sont séparés sans qu'il y ait UNE raison. On en apprend toujours un peu alors qu'en fait leur relation devient presque insaisissable, ce qui amène une forme d'abstraction. Abstraction renforcée par les ellipses entre ces cinq moments. Ces ellipses sont d'ailleurs marquées par des chansons d'amour italiennes, un peu kitsch. Ozon voulait faire un contrepoint avec la noirceur des scènes. Au départ, le film devait s'appeler Nous deux, en référence au magazine. Mais le choix s'est porté sur ces chansons romantiques italiennes qui sont l'incarnation 'cliché' du sentimentalisme.

 

Cinéphile dans l'âme, Ozon fait référence au film Scènes de la vie conjugale. Quand, juste après le divorce prononcé, Marion et Gilles font l'amour une dernière fois, de manière assez brutale, on repense au couple du film de Bergman qui, après avoir signé les papiers du divorce et s'être partagé les biens, refait l'amour car il y a une complicité qui revient, ils ont gardé un attachement fort l'un à l'autre au vu de l'histoire d'amour qu'ils ont vécue. De la même manière, dans 5x2, malgré la rancœur et le divorce, il reste un attachement entre ces deux personnes qui se sont aimés tout simplement.


...HB...

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