Partager l'article ! "A dangerous method", un film de David Cronenberg: Tranchant avec ses deux derniers films, David Cronenberg propose un film psyc ...
Tranchant avec ses deux derniers films, David Cronenberg propose un film psychanalytique, A dangerous method, retraçant la rencontre entre ses deux plus grandes figures, Jung et Freud. Michael Fassbender, Viggo Mortensen et Keira Knightley sont à l'affiche de ce film au classicisme élégant mais un peu vain.
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...
David Cronenberg aime sonder les démons de l'humain. Son cinéma est souvent celui de l'obsession, de la violence et de la force d'une idée qui interagit avec le corps (La mouche, A history of violence, Les promesses de l'ombre, Crash...). Avec A dangerous method, il signe un film radicalement différent dans la forme : costumes d'époque, peu de violence physique et surtout un classicisme formel éprouvant. Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui en fait des tonnes) est la pierre (tri)angulaire de cette histoire. Internée au début du film suite à une énième crise d'hystérie, elle est traitée par le jeune Dr Jung (Michael Fassbender) qui expérimente sur elle une nouvelle méthode (la guérison par la parole) et va devenir son médecin et son amant avant qu'elle-même n'embrasse la profession de psychanalyste.
Le film démarre plutôt bien avec une présentation intelligente des débuts de la psychanalyse et une relation entre le médecin et sa patiente qui dévie et révèle les pulsions inavouées du psychiatre pour satisfaire les fantasmes sadomasochistes de la jeune femme, excitée par les coups qu'elle recevait de la main de son père. Cette liaison sulfureuse va causer la perte des idéaux de Jung et sa rupture idéologique avec son maître, Freud (Viggo Mortensen), qui affirme que toutes les actions humaines découlent de leurs désir sexuels. C'est cette période de correspondance entre les deux pères de la psychanalyse (1907-1914) que Cronenberg nous donne à voir ainsi que leur rupture pendant la Première Guerre Mondiale et leurs désaccords liés entre autres à la liaison entre Jung et Spielrein.
Avec une mise en scène ultra-classique, Cronenberg se prend les pieds dans le tapis de son sujet et livre un film bavard et sans rythme. De bons moments rattrapent un ensemble qui manque singulièrement d'inspiration.
...HB...
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