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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Michael Winterbottom réalise un biopic sur Paul Raymond, le richissime éditeur et producteur anglais. A very Englishman revient sur la vie professionnelle de cet homme qui refusa la norme. Steve Coogan explose dans un film intéressant mais étonnamment un peu lisse.

 

 

Affiche-A-very-Englishman.jpg


 

Londres, 1958, Paul Raymond ouvre le « Raymond Revue Bar », théâtre et club privé où apparaissent des femmes dénudées au grand dam de l’Angleterre conservatrice. Producteur de revues dansantes, il devient éditeur de « Men Only », magazine pour adulte qui connaît un succès instantané. Roi de Soho, il acquiert un à un les immeubles du quartier, jusqu’à devenir l’homme le plus riche du Royaume en 1992. S’il mène sa carrière avec brio, sa vie personnelle n’est pas en reste: Paul Raymond est partagé entre Jean, sa femme jalouse, Fiona, sa maîtresse et star de sa revue, et sa fille Debbie qui aimerait suivre les traces de son père.

 

 

 

 


 

Paul Raymond n'est pas très connu en France, mais en Angleterre ce fut une vraie vedette. En 1958, il ouvre son premier club, le Raymond Revue Bar, où les londoniens pouvaient assister à des spectacles mettant en scène des femmes nues. Le cabaret privé devient rapidement un endroit incontournable de la nuit londonienne où se pressent les Beatles, Frank Sinatra ou  Judy Garland. L'entrepreneur investit alors dans le quartier de Soho et ouvre plusieurs établissements, théâtres… jusqu'à fonder son magazine Men Only (un Playboy anglais) en 1971. Michael Winterbottom s'est intéressé à ce destin hors-norme et c'est à Steve Coogan (qu'il a déjà dirigé dans Tournage dans un jardin anglais ou 24 Hour Party People) qu'il a confié le rôle.

 

Le film n'a pas vraiment d'intérêt biographique pour les Français, qui ne connaissent pas le personnage, mais Michael Winterbottom reconstitue Londres des années 60-70 avec brio et redonne vie au swinging London qui fit les belles heures de la Nouvelle Vague britannique. Le réalisateur filme avec gourmandise les excès de l'époque (sexe, drogue et rock'n'roll) et la vie orgiaque de son héros. Les choix de lumière évoluent au fur et à mesure de la chronologie de l'histoire : noir et blanc pour les débuts fifties, couleurs pop pour les sixties, plus délavées pour les seventies et enfin plus ternes pour les années 80-90 qui sonnèrent la fin de l'âge d'or du magnat, même s'il devint en 1992, année de la mort de sa fille adorée, l'homme le plus riche de Grande-Bretagne. Steve Coogan incarne avec fougue ce personnage exubérant, avide d'argent ("Pas mal pour un gamin sans le sou de  Liverpool" aimait-il commenter), de sexe (une partenaire -au moins- différente chaque soir environ)  et de gloire. A very Englishman se déguste comme une friandise pop mais se révèle un film mineur dans la carrière de son réalisateur, que l'on a vu plus inspiré (The killer inside me, 9 songs ou Un cœur invaincu).

 

 

...HB...

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