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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Après un premier film remarquable, J.C. Chandor signe un tour de force avec All is lost, son deuxième long-métrage. Mettant en scène Robert Redford seul en mer pendant 1h45, le cinéaste livre un film audacieux et captivant, un Gravity maritime.

 

 

Affiche-All-is-lost.jpg


 

Au cours d'un voyage en solitaire à travers l'Océan Indien, un homme découvre à son réveil que la coque de son voilier de 12 mètres a été percée lors d'une collision avec un container flottant à la dérive. Privé de sa radio et de son matériel de navigation, l'homme se laisse prendre dans une violente tempête. Malgré ses réparations, son génie marin et une force physique défiant les années, il y survit de justesse. Avec un simple sextant et quelques cartes marines pour établir sa position, il doit s'en remettre aux courants pour espérer se rapprocher d'une voie de navigation et héler un navire de passage. Mais le soleil implacable, la menace des requins et l'épuisement de ses maigres réserves forcent ce marin forcené à regarder la mort en face.

 

 

 

 

 


En 2012, J.C. Chandor s'est fait remarquer avec son excellent Margin Call (lire l'article du 13 mai 2012), autopsie de la crise économique démarrée en 2008. Pour son deuxième film, il a écrit un scénario d'une trentaine de pages sans aucune ligne de dialogue. All is lost suit la dérive d'un homme luttant pour survivre après le naufrage de son voilier. Seul au milieu de l'Océan Indien et promis à une mort certaine, il va tout tenter pour rester en vie.

 

All is lost s'ouvre sur un lent et magnifique travelling latéral observant l'immensité de l'océan, le champ traversé par un objet flottant non identifié et accompagné de la voix off d'un homme qui semble écrire à sa famille que "tout est perdu", qu'il a lutté jusqu'au bout mais s'abandonne désormais à une mort inévitable. Ecran noir. "Huit jours plus tôt". Le réalisateur va nous emmener auprès d'un marin solitaire devant faire face à une catastrophe sur son voilier. Robert Redford incarne cet homme au milieu de l'océan et qui, à son réveil, découvre que la coque a été largement percée par un container perdu, tombé de son cargo. A partir de ce moment, J.C. Chandor va filmer l'acteur à nu, sans une ligne de dialogue (seules deux injures seront hurlées dans un moment de désespoir) et faisant preuve d'une ingéniosité sans faille pour survivre au milieu de nulle part.

 

La performance de Robert Redford est saisissante. A 77 ans, le vieil acteur se montre plus vivace que jamais et le film est autant une fiction qu'un documentaire, en creux, sur le métier d'acteur, toujours à se réinventer pour survivre dans un monde brutal. Quelques semaines après le chef-d'œuvre spatial Gravity (lire l'article du 21 octobre 2013), All is lost propose sa variation maritime. Un homme se bat contre une nature toute puissante pour rester en vie, alors que la mort semble inévitable. Quelle force pousse ce vieux marin à résister autant ? J.C. Chandor multiplie les angles (sous l'eau, depuis le ciel, gros plans…) pour montrer la solitude de l'homme face à la nature. All is lost est un film audacieux et étonnant, à la fois suspense hitchcockien et pur objet contemplatif. La dernière surprise de l'année de la part du cinéma américain qui se sera décidément montré étonnant en 2013.

 

 

...HB...

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