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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Auréolé d'un Ours d'or à la Berlinale 2014, Diao Yinan dévoile Black Coal, un polar chroniquant la Chine contemporaine. La belle mise en scène ne sauve cependant pas toujours un scénario confus et quelques longueurs.

 

 

Affiche-Black-Coal.jpg


 

En 1999, un employé d’une carrière minière est assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects.
Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme.

 

 

 

 


 

Diao Yinan s'inscrit dans la veine des cinéastes chinois interrogeant l'évolution complexe de leurs pays. L'année dernière, A touch of sin de Jia Zhang Ke avait fait sensation au Festival de Cannes, raflant le Prix du scénario (lire l'article du 18 décembre 2013). Black Coal, dont le titre complet est Black Coal, Thin Ice, comme les deux pendants de l'intrigue et la métaphore de la Chine d'aujourd'hui, a un tout autre titre dans sa version originale ; Feu d'artifice en plein jour, écho à une boîte de nuit et à la très belle séquence finale, fait référence, selon le cinéaste, à "l'artifice utilisé pour se préserver de la cruauté du monde". Diao Yinan s'inspire du film noir américain des années 40/50. On pense notamment au Grand Sommeil ou au Faucon Maltais, et le réalisateur se réclame d'ailleurs de ces influences.

 

Black Coal s'inscrit, dès sa séquence d'ouverture, dans un hiver rude et un univers âpre. Les personnages sont des quasi-marginaux, des victimes de leur destin, comme ce flic devenu alcoolique suite à l'issue tragique d'une affaire en 1999. Cinq ans plus tard, alors qu'il a quitté la police, il se retrouve confronté à de vieux démons, des fantômes de l'affaire qui a changé sa vie. La mystérieuse jeune femme du pressing, dont on hésite à la qualifier de femme fatale ou de victime, a l'opacité des héroïnes du film noir, celles qui tournent la tête de Philip Marlowe par exemple. Mais le film cherche son rythme, entre bouffées de violence et longueurs scénaristiques. Là où A touch of sin saisissait par l'économie de mise en scène, Black Coal se perd parfois dans des coquetteries formelles (la caméra en tourbillon) qui n'apportent rien et nous éloignent du propos. Faute à un choix qui n'est jamais fait entre réalisme et poésie, le mélange prend pas toujours, excepté dans la séquence finale, d'une incroyablement beauté.

 

 

...HB...

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