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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Le réalisateur canadien Jason Buxton signe un premier film remarqué, Blackbird. Plaidoyer pour le droit à la différence et sonnette d'alarme face à un système judiciaire ambigu, le film séduit par sa sobriété et sa précision, malgré quelques longueurs.

 

 

Affiche-Blackbird.jpg


 

Sean, adolescent tourmenté, est rejeté par les élèves du collège de sa petite ville canadienne. Isolé et mal dans sa peau, il se sert d’Internet comme exutoire et imagine des scénarios de vengeance virtuels. Alertée, la police fait irruption dans la maison où elle trouve les armes de chasse de son père. Accusé de planifier un crime, Sean va devoir faire face à l’hostilité de la communauté et affronter une machine judiciaire obsédée par le principe de précaution.

 

 

 

 

 


Pour son premier long-métrage, le canadien Jason Buxton s'est penché sur les tourments de l'adolescence et sur une nouvelle loi canadienne qui protège les mineurs tout en les exposant à ce que subit son personnage, la "punition préventive". Le jeune Sean (16 ans) est gothique, avec un look très marqué (vernis noir, cheveux noir corbeau, veste en cuir à clous, jeans moulant déchiré…), ce qui fait de lui la victime d'un violent bizutage de la part de ses camarades de classe. Il encaisse jour après jour les humiliations et se défoule le soir en écrivant des "histoires de vengeance" sur un carnet puis sur un blog. La découverte de ce blog par les autorités va le faire basculer dans un engrenage judiciaire inextricable.

 

Jason Buxton a été très frappé par l'effet pervers d'une loi canadienne sensée protéger les mineurs des dérives d'internet : "L’identité des jeunes est protégée et il est interdit de la rendre publique. En revanche, à cause de cette même loi, les jeunes qui sont soupçonnés de méfaits n’ont pas la possibilité de raconter leur version des faits. Une loi destinée à protéger les jeunes se retourne finalement contre eux" commente-t-il. Alors qu'il ne fait que fantasmer sa vengeance, et parce que son père possède de nombreuses armes à feu, Sean est accusé par la petite communauté semi-rurale de vouloir commettre un massacre dans son école. Il se retrouve emprisonné et personne ne croit à son innocence. Pour les habitants de la ville, il est coupable d'un crime qu'il n'a jamais commis.

 

Outre le problème moral de la "punition préventive" (de plus en plus répandue en Amérique du Nord), c'est au calvaire de Sean que le réalisateur s'intéresse. En prison, il continuera à être humilié, appelé "Columbine" (en référence au massacre dans un lycée du Colorado en 1999) et battu quasiment à mort. Grâce à la complicité de sa seule amie, il va reprendre confiance en lui et tenter d'assumer ce qu'il est. Mais ce parcours sera extrêmement difficile dans une société où les étiquettes collées ont la peau dure. Si Blackbird aurait gagné à un montage plus resserré et à la suppression de quelques séquences trop illustratives (la partie de chasse où il est incapable de tuer un daim par exemple), le film retient l'attention, spécialement son jeune acteur Connor Jessup, absolument formidable.

 

 

...HB...

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