Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Le Woody Allen nouveau est arrivé. Cette année, le cinéaste retrouve l'Amérique et signe un excellent film avec Blue Jasmine, qui offre son meilleur rôle à Cate Blanchett. Entre dépression, satire sociale et chronique sur le monde des finances, Woody Allen est à la fois sombre et drôle, comme ses plus grands films.

 

 

Affiche-Blue-Jasmine.jpg


 

Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaire fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa sœur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie.

 

 

 

 


 

Woody Allen referme sa parenthèse européenne inégale entamée en 2005, à l'exception du petit chef-d'œuvre Whatever works en 2009. Après les excellents Match Point et Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu à Londres, le réjouissant Vicky Cristina Barcelona, le très décevant Minuit à Paris et To Rome with love en mode mineur, il revient sur le sol américain avec Blue Jasmine, tourné entre New-York et San Francisco. C'est un nouveau portrait de femme perdue, un thème cher au cinéaste (Annie Hall, Alice, La rose pourpre du Caire…), qu'il propose. Cate Blanchett, dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle pourrait récolter un Oscar, est phénoménale en femme dupée et ruinée, sombrant dans la folie après la découverte des escroqueries de son mari, un avatar de Bernard Madoff, et qui va se réfugier à San Francisco chez sa sœur, son total opposé.

 

Une fois n'est pas coutume, l'actualité semble avoir inspiré Woody Allen : "Je pense que les classes moyennes savent mieux encaisser. Les riches sont habitués à contrôler leur vie. Ils ont de l'argent, des domestiques. Et quand ça tourne mal, ils ne savent plus quoi faire. Les plus modestes savent faire le dos rond." Le réalisateur sait mieux que personne ménager les genres et dose parfaitement l'humour (souvent acide) et le tragique. La construction du film, en flashbacks, permet de comprendre peu à peu la nature de la dépression de cette quadra venue d'un milieu modeste mais habituée au grand luxe. L'actrice précise : "Comme on ne peut pas se fier à ce que raconte Jasmine, les flashbacks sont là pour rétablir la vérité."

 

On retrouve dans Blue Jasmine l'essence même du cinéma de Woody Allen. La dépression, les différences sociales, le rapport au matériel et les angoisses liées à l'amour et au couple. En personnages secondaires, Alec Baldwin (le mari) et Sally Hawkins sont stupéfiants, mais Cate Blanchett est une tornade qui emporte tout sur son passage. Sa solitude et son angoisse face à la vie effacent les artifices et on peut aisément s'identifier à ce que vit cette femme. Le don de dialoguiste du cinéaste ne fait pas défaut avec des répliques instantanément cultes ("S'il vous plaît, pas de disputes, ça empêche mon Xanax de faire effet."). La scène finale du film est incroyablement sombre, rappelant la destinée des personnages de Bergman, cinéaste fétiche de Woody Allen. Blue Jasmine est un très grand cru, peut-être son drame le plus fort depuis Match Point.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog