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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Jeremy Saulnier, directeur photo, a présenté à la Quinzaine des Réalisateurs 2013 son deuxième long-métrage, Blue Ruin, désormais en salles. Un film de vengeance atypique à la mise en scène travaillée et qui sonde la culture américaine de la violence.

 

 

Affiche-Blue-Ruin.jpg


 

Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu'il retourne à sa maison d'enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

 

 

 

 


 

Jeremy Saulnier, directeur photo et réalisateur de courts-métrages et d'un long (Murder Party en 2007, inédit en France), retrouve son ami d'enfance Macon Blair, à qui il offre un premier rôle de choix. Dans une petite ville de Virginie, au bord de la mer, Dwight vit en vagabond, se nourrissant dans les poubelles de la fête foraine, dormant dans sa voiture rouillée (une vieille Pontiac bleue dans un état misérable… une Blue Ruin, expression qui signifie également "débâcle") et pénétrant de temps en temps dans des pavillons pour prendre un bain. Avec sa barbe hirsute et son air ahuri, il est relativement accepté par la communauté et les autorités le surveillent amicalement. En apprenant la libération, après vingt ans de prison, du meurtrier de ses parents, il décide de se venger.

 

Le ton que donne à Jeremy Saulnier à son film rappelle celui des frères Coen (époque Fargo surtout) et ce goût pour les anti-héros maladroits et poissards. Dans un pays où posséder une arme est plus simple que d'accéder à des soins médicaux, tuer reste quelque chose qui n'est pas anodin pour tout le monde. En voulant éliminer l'assassin de ses parents, il se rend compte que sa victime se débat et que les conséquences sont plus lourdes à porter qu'il ne l'imaginait. Sans plonger dans le pensum moralisateur, le film dépeint la situation d'une Amérique semi-rurale qui a depuis longtemps basculé dans la morosité et où la violence banalisée est un appel à l'aide que plus personne ne voit ni n'entend. Blue Ruin mêle le film de vengeance (vite détourné de ces motifs classiques) à une tragédie digne des films mafieux, puisque la famille, même si elle est délitée depuis des décennies, reste le dernier point d'ancrage qui ne souffre aucune contradiction. Porté par un humour (très) noir, le film est le portrait d'un héros maladroit, et, en creux, d'une Amérique à bout de souffle. Une révélation à surveiller.

 

 

...HB...

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