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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Présenté au Festival de Cannes 2013, Borgman est le nouveau long-métrage du réalisateur néerlandais Alex Van Warmerdam. Entre conte absurde et thriller onirique, le film, à la mise en scène soignée, surprend jusque dans son dernier plan.

 

 

Affiche-Borgman.jpg


 

Camiel Borgman surgit dans les rues tranquilles d’une banlieue cossue, pour sonner à la porte d’une famille bourgeoise. Qui est-il ? Un rêve, un démon, une allégorie, ou l’incarnation bien réelle de nos peurs ?

 

 

 

 


Alex Van Warmerdam a connu une reconnaissance européenne avec Les habitants (1992) avant de retomber dans un certain anonymat en France. Borgman marque son retour avec une sélection cannoise, quinze ans après Le p'tit Tony (Un Certain Regard, 1998). Le cinéaste a choisi une mise en scène épurée, rappelant Funny Games de Haneke et des bribes de Théorème de Pasolini.

 

Dans la bourgeoisie néerlandaise, Alex Van Warmerdam imagine l'irruption d'un homme, à la fois magicien, gourou et jardinier, qui va bouleverser la vie d'une famille. "J'ai voulu montrer comment le mal se glisse dans le quotidien, comment il s'incarne dans des hommes et des femmes ordinaires, normaux, bien élevés, qui sont heureux et fiers d'accomplir leurs tâches, en portant une implacable attention aux détails" signale le réalisateur. En effet, Borgman débarque, après une impressionnante chasse à l'homme en ouverture, dans une propriété bourgeoise. Epuisé et sale, il veut seulement prendre un bain. Mais cette irruption n'est pas le fruit du hasard. On comprend vite qu'il a choisi ses victimes.

 

Allégorie ou fable absurde, le film montre comment la bourgeoisie oisive se trouve prisonnière de ses propres démons, de son luxueux ennui. La mère de famille Marina (excellente Hadewych Minis) organise le foyer cossu pendant que son mari travaille et que sa jeune fille au pair s'occupe des enfants. Contre toute attente, elle va se retrouver sous l'emprise du vagabond, incapable de reprendre le dessus. L'ennui de sa vie rangée lui saute au visage et elle envisage désormais le pire. On peut bien entendu lire le film comme une métaphore et voir en Borgman l'incarnation de la conscience de cette mère de famille, l'incarnation de son côté sombre, celui d'une bourgeoisie cynique et malade de son oisiveté. Jan Bijvoet incarne avec mystère et magnétisme un intrus qui va petit à petit chambouler les certitudes d'une famille et engranger un tourbillon meurtrier. Dans le plus beau plan du film, des corps chutent au fond d'un lac, la tête coulée dans un seau rempli de ciment. La violence de Borgman s'accompagne d'un humour surréaliste bienvenu. Si le réalisateur perd un peu le rythme dans la dernière partie, le film n'en demeure pas moins une vertigineuse réflexion.

 

 

...HB...

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