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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 23:28

 

Auréolé du César du meilleur réalisateur en début d'année, Roman Polanski revient avec son nouveau film, Carnage, adapté de la pièce de Yasmina Reza. Réunissant un quatuor de stars, son nouveau huis-clos est une comédie acide.

 

 

Affiche-Carnage.jpg


 

Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?

 

 

 

 


 

Roman Polanski, 78 ans, est toujours un cinéaste très actif. Alors que son dernier film The Ghost Writer (lire l'article du 7 mars 2010) cartonnait et qu'il était assigné à résidence en Suisse, le réalisateur franco-polonais a profité de cette immobilisation pour développer une adaptation de la pièce de Yasmina Reza Le dieu du carnage avec l'aide de la dramaturge. Dans ce huis-clos de 80 minutes, pas une seule ellipse, tout est proposé en temps réel sur la volonté de Polanski. Il sait mieux que personne filmer l'oppression d'un espace clos ; Le couteau dans l'eau (1962), Repulsion (1965), Rosemary's baby (1968), Le locataire (1976) ou The Ghost Writer (2010) en sont des exemples de renom.

 

Dans Carnage, Roman Polanski met en scène deux couples, dans un appartement new-yorkais. Penelope et Michael (Jodie Foster et John C. Reilly) accueillent Nancy et Alan (Kate Winslet et Christoph Waltz) car le fils des derniers a agressé ("armé d'un bâton" !) celui des premiers. Rapidement, l'échange plutôt conventionnel et poli vole en éclats. Sous le vernis de la civilisation (on offre du café et un clafoutis pomme-poire qui fera beaucoup parler) et de la culture étalée dans des catalogues d'expositions qui tapissent la table basse du salon, l'homme est prisonnier de ses pulsions les plus primaires, spécialement quand on touche à sa progéniture. Quand elle parle du film, Jodie Foster déclare : "Nous sommes tous monstrueux d'une certaine manière, et si on l'admettait, on s'en porterait sans doute mieux". Les couples s'affrontent et se lancent dans des joutes verbales hilarantes et cruelles. Mais bientôt, c'est les femmes (entre vomi et hurlements) qui s'opposent aux hommes (un faux gentil et un addict au portable qui cache un cynisme démesuré sous des airs de légèreté). Et puis, les couples se délitent et se balancent à la gueule des vérités d'autant plus violentes qu'elles portent le sceau du silence maintenu depuis tant d'années de mariage.

 

Carnage est porté par un casting épatant et une mise en scène précise. Si les personnages manquent parfois de nuances ou de mystère, ils n'en sont pas moins savoureux dans leur monstruosité ordinaire.

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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