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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 13:51

 

Jalil Lespert passe pour la seconde fois derrière la caméra et adapte un roman d'Olivier Adam, Des vents contraires. Benoît Magimel porte ce drame classique auquel manque toutefois un peu d'ampleur et de mise en scène.

 

 

Affiche-Des-vents-contraires.jpg

 

 

La vie de Paul bascule le jour où sa femme Sarah disparait subitement. Après une année de recherches infructueuses, Paul est un homme brisé, rongé par le doute et la culpabilité. Sa dernière chance est peut être de tout reprendre à zéro : déménager avec ses 2 enfants à Saint-Malo, la ville où il a grandit. Mais des rencontres inattendues vont donner à ce nouveau départ une tournure qu’il n’imaginait pas.

 

 

 

 

 

Les romans d'Olivier Adam semblent inspirer le cinéma. Après Poids léger par Jean-Pierre Améris et le succès de Je vais bien, ne t'en fais pas par Philippe Lioret, c'est au tour des Vents contraires, une nouvelle histoire de disparition mystérieuse, de se retrouver sur grand écran. Jalil Lespert a connu la reconnaissance en tant qu'acteur avec Ressources humaines de Laurent Cantet (2001) et Le petit lieutenant de Xavier Beauvois (2005). En 2007, il passe à la réalisation avec un premier film raté, 24 mesures. Ce deuxième film rencontre d'ores et déjà un joli succès avec 140 000 entrées en première semaine et une critique globalement positive. 

 

Des vents contraires s'ouvre en plein conflit. Un couple se dispute violemment (devant les enfants) et le lendemain la femme (Audrey Tautou, qui fait là une apparition) disparaît mystérieusement. De suite, le film nous transporte un an après : las de recherches vaines, de soupçons sur sa personne et d'appels anonymes, Paul (Benoît Magimel) décide de partir vivre dans sa Bretagne natale avec ses deux enfants (magistralement castés et interprétés par les jeunes Cassiopée Mayance et Hugo Fernandes). Là-bas, il retrouve son frère (Antoine Duléry, étonnant de sobriété et ici dans un emploi dramatique) avec qui il a coupé les ponts depuis près de dix ans. Le film propose la reconstruction de cette homme sonné par la disparition inexpliquée de sa femme, mais cette reconstruction ne peut se faire que sur des fondations bancales car cette absence reste un "trou noir". Il va se lier d'amitié avec un homme en marge qui cherche à récupérer la garde de son fils et va commettre l'irréparable (Ramzy Bedia, excellent), flirter avec une jeune fille (Marie-Ange Casta, la petite sœur de Laetitia) à qui il donne des cours de conduite, trouver un nouvel ami de taille en la personne d'un quinqua (Bouli Lanners) au goût de vivre inaltérable et se rapprocher d'une flic au cœur tendre (Isabelle Carré) pour comprendre d'où viennent ces coups de téléphone anonymes qui recommencent.

 

Si les paysages sont beaux et la lumière bien travaillée, les dialogues sont parfois maladroits et, surtout, Jalil Lespert ne va au bout d'aucune de ses pistes dramatiques ; les personnages secondaires sont bien dessinés mais trop nombreux, nuisant à la fluidité de l'ensemble. Là où son premier film se noyait dans une haute ambition mal gérée, Des vents contraires semble se fixer ses propres barrières par un chemin trop balisé qui sclérose la créativité et vient à bout de toutes les tentatives de mise en scène. Ni vraiment thriller, ni vraiment mélodrame, le film balance entre deux eaux, porté par de bien nommés vents contraires...

 

 

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Par ...HB... - Publié dans : Cinéma
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