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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Remarqué grâce à District 9, le cinéaste sud-africain Neill Blomkamp revient avec un deuxième long-métrage Elysium. Drame futuriste sur les inégalités sociales et le déclin de la planète, le film mêle plutôt habilement cinéma d'auteur et blockbuster.

 

 

Affiche-Elysium.jpg

 


En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses -  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

 

 

 

 

 


En 2009, Neill Blomkamp connaît un succès mondial avec District 9, un film de science-fiction au sous-texte ancré dans la réalité sociale de son pays, l'Afrique du Sud. On l'a déjà constaté, l'année 2013 voit se décupler les projets mettant en scène un monde post-apocalyptique ou une dystopie genre Oblivion, After Earth, Pacific Rim, World War Z ou le récent (et raté) Les derniers jours. Neill Blomkamp ne court pas après la mode esthétique de l'épure et ressuscite la bonne vieille imagerie des années80/90, âge d'or du blockbuster hollywoodien. On pense à Arnold Schwarzenegger, James Cameron (Aliens et le film préféré de Neill Blomkamp), John Carpenter, Paul Verhoeven…

 

Dans un futur pas si éloigné (2154), la Terre est devenue invivable de pollution, de maladies et de pauvreté pour les plus riches qui se sont installés dans une station en orbite baptisée Elysium. Los Angeles est devenue une favela où l'espagnol est la langue courante et où les hommes vivent dans une telle pauvreté qu'ils sont prêts à tous les sacrifices pour s'embarquer dans des vaisseaux clandestins vers Elysium. Cette société futuriste ressemble à s'y méprendre au monde de 2013. Les plus pauvres sont dénigrés et abandonnés tandis que les plus riches vivent dans une opulence indécente, loin du tumulte "bruit et odeurs". Ce microcosme vit dans une insouciance coupable sous l'égide de politiciens cyniques et obsédés par la sécurité. Jodie Foster incarne à la perfection une ministre de le Défense tendance facho avec le look de Sarah Palin.

 

La force du film est dans son intérêt porté à l'humain. Neill Blomkamp préfère passer les trois quarts du temps à Los Angeles, dans la poussière et la misère, plutôt que de filmer une station orbitale luxueuse. Irradié et promis à une mort prochaine, Max (Matt Damon, toujours intense) décide de tout tenter pour rejoindre Elysium, où il pourrait être guéri. Equipé d'un exosquelette qui le change en un mix de Transformer et Iron Man, le héros à la force décuplée est un homme simple qui se bat d'abord pour sa survie, égoïste, avant de penser à sauver le monde. Cette dimension individualiste est rarement abordée dans ce genre de film et c'est appréciable, même si Elysium est rattrapé dans sa dernière demi-heure par les clichés habituels imposés par Hollywood. Cette fin moins réussie n'empêche pas le film d'être un constat intense des inégalités grandissantes en notre monde en crise, métaphore souterraine de la société légalement inégalitaire que fut l'Apartheid, période connue du réalisateur pendant son enfance (il avait 14 ans à la libération de Mandela).

 

 

...HB...

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