Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Ryan Coogler revient avec son premier film, Fruitvale Station, sur la bavure de deux policiers tuant un jeune Américain dans les couloirs du métro un soir de Nouvel An. Devant une insupportable injustice, le réalisateur propose un film parfois maladroit.

 

 

Affiche-Fruitvale-Station.jpg


 

Le 1er janvier 2009 au matin, Oscar Grant, 22 ans, croise des agents de police dans la station de métro Fruitvale, San Francisco. Le film raconte les vingt-quatre heures qui ont précédé cette rencontre.

 

 

 

 

 


1er janvier 2009, un réveillon qui a marqué les Etats-Unis. Oscar Grant, un jeune homme de 22 ans, est abattu sans raison apparente par deux policiers au cours d'une rixe dans le métro de San Francisco. Le policier qui a tiré sera viré mais ne passera pas plus d'un an en prison. Grand Prix et Prix du public à Sundance, Fruitvale Station, le premier film du jeune Ryan Coogler, met en lumière la journée qui a précédé le drame. Le réalisateur, qui avait quasiment le même âge que la victime et a grandi également dans la baie de San Francisco, se souvient : "Pendant le procès, j'ai vu comment la situation s'est politisée : selon l'appartenance politique des uns et des autres, Oscar était présenté comme un saint qui n'avait rien fait de mal de toute sa vie, ou comme un monstre qui n'avait eu que ce qu'il méritait cette nuit-là. J'ai eu le sentiment que ce phénomène lui faisait perdre son humanité."

 

Fruitvale Station pourrait s'apparenter à du cinéma-guérilla. Tourné en seulement vingt jours avec peu de moyens, le film reconstitue notamment, sur les lieux du drame, la mise à mort (car il n'y a pas d'autre mot) du jeune Oscar Grant. Pour apporter un éclairage sur la personnalité de la victime, Ryan Coogler a décidé d'évoquer sa dernière journée, celle du 31 décembre 2008, à l'exception d'un court (mais intense) flashback lors de son séjour en prison en 2007. Oscar Grant n'était pas un saint, il dealait de la marijuana pour gagner un peu d'argent, aider sa mère et élever sa fille avec sa compagne. En cette dernière journée de 2008, il avait décidé de changer de vie, d'arrêter ses trafics et de rentrer dans le rang. Malheureusement, cette journée n'est pas bien passionnante en terme de cinéma (une virée au supermarché, la cuisine des crevettes pas sa mère, des allers-retours au centre de loisirs de sa fille…).

 

Avec une caméra qui ne lâche pas Michael B. Jordan (talent prometteur repéré déjà dans Chronicle), Ryan Coogler capte les doutes et les peurs d'un jeune homme dans la précarité qui essaie de ne pas revenir à ses activités illicites pour construire une nouvelle vie. On peut regretter la qualité du filmage, trop heurté, trop "pris sur le vif", cohérent avec le dispositif de proximité avec le personnage mais qui rapproche le film du reportage plus que de l'œuvre cinématographique. Si l'intention est louable, et même plutôt admirable, le propos est souvent noyé dans l'anecdote que l'on force à avoir un sens a posteriori. Enfin, le temps de quelques minutes interminables, Ryan Coogler utilise de véritables images du drame tournées par les témoins avec leurs portables et conclut son film sur un hommage public rendu par les proches d'Oscar Grant. Et là, les gros plans sur les larmes de sa véritable fille deviennent carrément obscènes. Ce premier film laisse donc un sentiment mitigé, entre compassion évidente et gêne voyeuriste.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog