Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Le sulfureux réalisateur Bruce LaBruce signe son film le plus sage en dépit d'un sujet radical. Gerontophilia, comme son nom l'indique, traite de l'attirance d'un jeune homme pour les vieux messieurs. Une comédie romantique contre les préjugés mais à la forme un peu trop lisse.

 

 

Affiche-Gerontophilia.jpg


 

Lake, 18 ans, un garçon plutôt ordinaire, vit avec une mère névrosée et sort avec une fille de son âge, un peu excentrique. Mais il se découvre un penchant de plus en plus fort pour... les vieux messieurs. Embauché dans une maison de retraite pour l’été, il tombe sous le charme de M. Peabody, un séduisant patient de 82 ans.

 

 

 

 


 

Bruce LaBruce est une figure du cinéma underground. En 1996, il connaît une certaine reconnaissance (toute underground soit-elle) avec le très bon Hustler White, hommage au Sunset Boulevard de Billy Wilder transposé dans l'univers de la prostitution gay de Los Angeles. Par la suite, le cinéaste se spécialise dans la pornographie (films et photos) avant de revenir finalement, aujourd'hui âgé de 50 ans, à un cinéma plus traditionnel. Malgré tout, fidèle à sa réputation, le réalisateur a choisi un sujet peu ordinaire. Lake (Pier-Gabriel Lajoie) a 18 ans, des relations difficiles avec sa mère et sort avec une jeune fille qui pense être révolutionnaire en énumérant des noms de féministes. Il enchaîne les petits boulots, notamment comme maître-nageur à la piscine municipale où se produit un "incident" déclencheur. Dans cette séquence à la fois drôle et troublante, Lake tente de sauver un vieillard de la noyade mais le bouche-à-bouche va entraîner chez le jeune homme une érection aussi embarrassante qu'inattendue.

 

Le film va montrer le désir naissant d'un jeune homme pour les hommes (très) âgés, sans pour autant chercher d'explications (et c'est tant mieux). En travaillant dans une maison de retraite, Lake tombe sous le charme de Melvin Peabody (l'élégant homme de théâtre Walter Borden), apollon de 82 printemps. Ils s'embarquent dans un road-trip pour que le vieil homme revoie une dernière fois l'océan Pacifique. Dans sa dernière partie, le film dévie vers une bleuette moins audacieuse et plus attendue. Mais Bruce LaBruce propose néanmoins une vision intéressante de ce fétichisme qui lui permet de signer un manifeste pour le droit à la différence et à la tolérance en matière de genre et de préférences sexuelles. Gerontophilia souffre souvent de séquences maladroites ou un peu trop convenues, mais on se réjouit de voir Bruce LaBruce s'adresser enfin à un public un peu plus large.

 

 

...HB...

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog