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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par ...HB...
Publié dans : #Cinéma

 

Le réalisateur chilien Sebastian Lelio signe son nouveau film, Gloria, avec la star nationale Paulina Garcia, récompensée du Prix d'interprétation lors du Festival de Berlin 2013. Une comédie tendre et mélancolique pour un beau portrait de femme entre deux âges, résolument tournée vers l'avenir.

 

 

Affiche-Gloria.jpg


 

A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.

 

 

 

 


 

Après La sagrada familia (2006), Sebastian Lelio renoue avec le thème de la famille, de la filiation et des accidents de la vie. Gloria est une quinqua pimpante, divorcée depuis une dizaine d'années, avec deux enfants adultes qui n'ont plus besoin d'elle, et qui arpente les dancings le samedi soir pour fêter (ou oublier) sa solitude. Le réalisateur a confié à la star chilienne Paulina Garcia un rôle sur mesure et un look étudié. Avec ses lunettes hors d'âge (inspirées du personnage de Tootsie créé par Dustin Hoffman) et son brushing impeccable, Gloria est une femme à la fois exubérante et discrète, qui chante dans sa voiture des chansons romantiques des années 70 (de la Michelle Torr chilienne) et danse jusqu'au bout de la nuit. Sa rencontre avec un homme fraîchement séparé et qui peine à se défaire de son passé va changer sa vie.

 

Sebastian Lelio regrette que le cinéma chilien ne s'intéresse pas à la génération de ses parents et a écrit le personnage de Gloria en pensant  à sa propre mère. Avec l'histoire douloureuse de ses trente ans de dictature, le Chili compte une génération de "seniors" marqués par le poids de l'Histoire mais avec une farouche volonté de profiter de la vie. Pendant près de deux heures, la caméra du réalisateur ne lâche pas son héroïne. L'extraordinaire Paulina Garcia porte le film sur ses épaules avec un sourire aussi radieux que permanent, malgré les difficultés, et avec un engagement d'actrice absolu. A plusieurs reprises, Lelio filme frontalement des scènes de sexe entre Gloria et Rodolfo : deux corps qui ont vécu et qui sont marqués par le temps et les rondeurs. Cette représentation (sensible) de la sexualité des seniors est assez rare au cinéma pour être appréciée. Malgré quelques longueurs, le film séduit par son énergie vivifiante et son infatigable espoir. Le spectateur est emporté par la tornade Paulina Garcia, qui rappelle les héroïnes d'Almodovar. Sebastian Lelio dresse autant le portrait d'une femme que, en creux, celui d'un pays, le Chili, partagé entre les promesses de l'avenir et les fantômes du passé. A la fin du film, sur le tube d'Umberto Tozzi qui porte son nom, Gloria peut retrouver foi en son avenir et continuer de danser dans une séquence finale inoubliable.

 

 

...HB...

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